texte d'Hervé Bichat pour la célébration
du cent cinquantième anniversaire de lenseignement agricole prend
en Lorraine.
La Lorraine a lhonneur davoir accueilli sur son sol deux initiatives
majeures au début du 19ème siècle :
Au sortir de la Révolution et de lEmpire, le patrimoine forestier français est ruiné. Les paysans ont brûlé les forêts seigneuriales pour détruire les symboles dun ordre social honni et les guerres qui ont suivi pendant vingt-cinq années, ont fait le reste. Cela préoccupe beaucoup le Ministre des Finances. Cest la raison pour laquelle il crée une école pour former des cadres forestiers destinés à restaurer le patrimoine de lEtat. A cette époque la gestion des forêts allemandes est déjà considérée comme exemplaire. Cest pourquoi, sans doute, Nancy est choisie et son directeur, M. Lorentz, recruté parce quil avait reçu une formation approfondie en Thuringe.
Cette école nest pas la première initiative de lEtat dans le secteur agro-alimentaire, puisque plus de soixante années plus tôt, Bourgelat avait créé à Lyon la première école vétérinaire du Monde, au service dabord de lArmée. Mais lécole forestière de Nancy est appelée à connaître un grand destin ; rapidement devenue linstitution denseignement supérieur la plus prestigieuse du Ministère de lagriculture, elle devait donner naissance en 1965, à linitiative de E. Pisani, par fusion avec lEcole nationale du génie rural, à lEcole nationale du génie rural des eaux et forêts dont le premier directeur fut Maurice Rossin.
Mais quelques années avant 1824, une autre
initiative va véritablement donner naissance à lenseignement
agricole.
Michelle Cussenot et Fabien Knitel viennent de présenter les principales
caractéristiques (histoire et pédagogie) de linstitut
agricole de Roville devant Bayon créé en 1822 par Mathieu
de Dombasle. Ils ont souligné à juste titre sa nouveauté
et son influence très sensible aujourdhui encore dans lenseignement
agricole. Ses élèves ont participé directement ou indirectement
à la création de lINA PG, de lENSAR et de lENSAM.
Ses principes pédagogiques (allier la théorie et la pratique,
importance de lobservation, tour de plaine, enseignement par petits
groupes) sont encore à la base de lenseignement agricole moderne.
Il faut noter également quà côté
de grandes réussites (diffusion de ses publications et de ses innovations
technologiques comme sa fameuse charrue, réussite des comices agricoles
instaurés à limitation des « défits-publics
» anglais), Mathieu de Dombales a connu également dans sa vie de
nombreuses difficultés : faillite de la sucrerie quil avait ouverte
près de Nancy, veuvage prématuré, arrêt de linstitut
agricole de Roville à sa retraite en 1842. Il nétait pas
doué, semble-t-il, pour parler en public. Bien que nétant
pas dorigine agricole, il navait pas hésité à
sinstaller dans un petit village lorrain pour initier une formation fondée
à la fois sur la réflexion et la pratique au service des agriculteurs.
Il est tout-à-fait étonnant de noter comment il faisait de ses
propres échecs des leçons pour ses élèves. Cette
attitude humaniste est certainement à la base de linfluence durable
quil a exercée sur eux. Aujourdhui encore sa démarche
associant une très large ouverture à toutes les innovations à
une grande prudence dans leur mise en oeuvre doit continuer d'être méditée
face aux avancées très rapides de la recherche moderne.
Le décret du 3 octobre 1848
M. Boulet et Mesdames Lelorrain et Vivier ont rappellé très justement
dans un ouvrage publié à loccasion du cent cinquantenaire
de lenseignement agricole les conditions historiques qui ont présidé
à la naissance de la deuxième république : crise du capitalisme
naissant, évolution des idées, constitution des premières
banlieues ouvrières. Pour la première fois, l'enseignement agricole
fait lobjet dun long débat (Juillet-Octobre 1848) au Parlement
: certains souhaitent retenir les populations agricoles sur leurs terres pour
éviter le gonflement des banlieues ; dautres reprenant les leçons
des physiocrates du XVIIIe siècle et stimulés par les progrès
des agricultures du Nord de lEurope veulent en faire le socle de léconomie
moderne du pays.
Après de longs et tumultueux débats auxquels certains des plus
grands esprits de ce temps prennent part (comme A. de Tocqueville, célèbre
auteur de « De la démocratie en Amérique » mais également
fondateur de lInstitut Supérieur dAgriculture de Beauvais),
le Ministre de lagriculture et du commerce, M. Thuret, parvient à
faire voter par lAssemblée Nationale le 3 octobre 1848 un décret
æ en fait une loi æ qui par la cohérence de sa vision prophétique
définit le programme que tous les pouvoirs publics vont sattacher
à mettre en oeuvre jusquà nos jours :
- lenseignement en agriculture nest plus laissé au bon vouloir
dinitiatives privées que les pouvoirs publics encouragent, voire
subventionnent. Il est reconnu comme un élément essentiel de la
politique agricole et fait lobjet dun schéma cohérent
et rigoureux couvrant toute la filière de lenseignement primaire
à lenseignement supérieur et lensemble du territoire
et que lEtat sengage à mettre en oeuvre.
- il repose sur 3 niveaux :
Ý lINA forme les enseignants des écoles régionales. Ceux-ci
à leur tour forment les encadrants des fermes-écoles,
Ý un système de bourses permet aux meilleurs élèves des
fermes-écoles daccéder aux écoles régionales
et aux meilleurs élèves de ces dernières dentrer
à lINA : dès lorigine lenseignement agricole
est caractérisé par lattention portée à la
promotion sociale de ses élèves.
En Lorraine.
En Lorraine, curieusement, le décret du 3 octobre 1848 na aucun
impact positif. A la suite de la retraite de Mathieu de Dombasle, Amédé
Turck, neveu de Berthier, propriétaire du fonds exploité par lInstitut
agricole de Roville devant Bayon, essaye en 1843 de reprendre le flambeau en
créant sur la commune de Dommartemont près de Nancy lInstitut
agricole Sainte-Geneviève. Suite à la publication du décret
de 1848 et malgré lappui de la Société centrale dAgriculture
de la Meurthe, il demande en vain que son institut soit reconnu comme une école
régionale à linstar des autres institutions de formations
créées par des élèves de Mathieu de Dombasle (Grignon,
Grand Jouan et la Saussaye), arguant en particulier que la taille des exploitations
agricoles en Lorraine nest pas adaptée à une « école
de valets » !. Comme pour justifier cette argumentation, les initiatives
pour créer des fermes-écoles (Ste Croix près de Forbach
1849-1852, La Malgrange 1865) nont pas connu de véritable succès.
Enfin, lélection de Louis Napoléon Bonaparte à la
présidence de la République par le second Empire entraîne
une véritable glaciation de lenseignement agricole. Ce qui est
très surprenant de la part dun homme qui dans de nombreux autres
domaines a soutenu les innovateurs de son temps (L. Pasteur, F. Le Play, mise
en valeur des Landes et de la Sologne, développement des infrastructures...).
La naissance de la 3e République
La défaite de 1870 est très cruellement ressentie.
Mais très rapidement lopinion publique se mobilise : cest
la revanche qui va inspirer lopinion publique, notamment en Lorraine,
jusquà la guerre de 1914. Au
plan politique, cette période est marquée par la lutte politique
entre les républicains et les conservateurs. Comme ces derniers tiennent
les campagnes, Gambetta décide de les conquérir en réunissant
dans un seul ministère tous les moyens pour promouvoir la petite exploitation
familiale (1881). Ce qui lui donne un caractère opérationnel très
original dans ladministration quil a conservé jusquà
maintenant.
En ce qui concerne lenseignement agricole, la politique de la 2e République
est réactivée. LINA est recréé à Paris
en 1875. En 1879 il est institué des écoles pratiques dagriculture
pour former les cultivateurs dexploitations moyennes (entre les écoles
régionales destinées aux grandes exploitations et les fermes écoles
pour les « valets »!).
La même année, il est créé des professeurs départementaux
dagriculture, pièces maîtresses de lorganisation de
lenseignement départemental et communal de lagriculture.
Ils interviennent dans les écoles normales primaires pour former les
futurs instituteurs. Ils sont chargés « déclairer
les cultivateurs » sur les réformes à introduire, les techniques
nouvelles à adopter. Ils dirigent des champs dexpériences
détudes et de recherches. Ils prêtent leur concours aux préfets
« pour tous les renseignements intéressant lagriculture ».
Ils « tiennent ladministration au courant de la situation agricole
». Bref, létendue de leurs attributions englobe ce que nous
appellerions aujourdhui : lexpérimentation, la recherche,
la formation, le développement, ladministration.
Rien détonnant si un nouveau pas est franchi en 1912 : «
le professeur départemental dagriculture prend le titre de directeur
des services agricoles », ses compétences englobent « tous
les services intéressant lagriculture ». Ainsi, il est bon
de rappeler que les professeurs départementaux dagriculture sont
les lointains prédécesseurs des actuels directeurs départementaux
et, dune certaine manière, des actuels directeurs régionaux
de lagriculture et de la forêt, les "recteurs verts" de
l'enseignement agricole.
En Lorraine
Cette province est tout particulièrement touchée par la défaite
de 1870 et notamment avec lexil des alsaciens lorrains choisissant de
rester français. La Lorraine devient alors une des régions les
plus dynamiques du pays (transformation de lUniversité de Nancy,
développement industriel, apparition de lart nouveau,...).
Le petit-fils de Mathieu de Dombasle alerte la Société Centrale
dAgriculture de Nancy pour saisir rapidement les opportunités offertes
par le décret de 1879. Très rapidement, le Conseil général
réunit les fonds nécessaires pour
acheter un immeuble à
Tomblaine. Dès 1879 lécole fonctionne avec le concours des
enseignants -républicains- de la Faculté des Sciences de Nancy.
Sous la direction dHippolyte Thiry, lécole se développe
rapidement : en 1887 une exploitation est achetée pour pouvoir donner
un enseignement pratique aux élèves. Un centre de documentation
bien équipé est rapidement ouvert. En 1903 est créé
le premier enseignement ménager en France, à partir dune
laiterie pilote.
Ce dynamisme lorrain se retrouve tout particulièrement à la faculté
des sciences de Nancy. Les enseignants dont certains viennent de Strasbourg
attribuent le succès de la Prusse à lorganisation universitaire
allemande inspirée par von Humbolt.
A la fin du XIXè siècle, le développement économique
allemand concerne tout particulièrement la chimie : plus de la moitié
de lindustrie chimique mondiale est située en Allemagne. Le professeur
Haller, commissaire français aux expositions universelles, est le propagandiste
infatigable dune relance de lindustrie chimique française
fondée sur luniversité. Le ministre de léducation
nationale donne son accord pour financer la création dune école
universitaire de chimie à Nancy, à condition que la moitié
de linvestissement soit financé localement.
Le doyen de la Faculté des Sciences, E. Bichat, se charge du dossier
bien que physicien. Il obtient une forte participation de Solvay qui vient de
créer une usine de soude à Dombasle. Et pour compléter
ce don, il fait adopter par le Conseil municipal de Nancy une taxe sur la bière
de manière à ce que louvrier en buvant sa chopine participe
à la création de son poste de travail. Ainsi lécole
de chimie est ouverte en 1890.
Lécole de brasserie ne pouvait que suivre avec le concours des
Brasseurs Moreau (de Vézélise) et Tourtel (de Tantonville dans
la brasserie duquel Pasteur a conduit ses travaux sur la fabrication de la bière).
Elle ouvre ses portes en 1896 sous la direction de Petit, Professeur de chimie,
six mois avant l'école de Douai.
Un institut agricole et colonial est créé entre 1900 et 1903 par
le Professeur Gain, Professeur de Botanique, à la demande du gouvernement
général d'Indochine pour former les cadres de cette fédération.
Enfin le Professeur de zoologie Cuenot ouvre une école de Laiterie à
partir de 1906. Ainsi entre 1896 et 1906 sont réunis les éléments
qui constitueront à partir de 1976 lEcole Nationale des Sciences
Agronomiques et des Industries Alimentaires (ENSAIA) dont le premier directeur
fut J.M. Clément. Mathieu de Dombasle est vengé ! Il y a enfin
une école nationale supérieure dagronomie en Lorraine.
1918, cest la victoire sur lAllemagne qui a laissé le pays
et notamment son Nord-Est exangue. Cette victoire est également celle
des femmes qui ont remplacé à larrière les hommes
montés dans les tranchées. Pour célébrer cette victoire
le Parlement vote une nouvelle loi du 2 août 1918 qui confirme, en les
élargissant, les dispositions de 1848 et de 1879. Les missions de lenseignement
agricole ne sont pas seulement académiques. On y trouve lamorce
des célèbres 4 missions (qui sont souvent encore plus nombreuses
comme les trois mousquetaires... !). Le législateur donne surtout une
base juridique à lenseignement ménager et féminin.
En Lorraine
Cest le retour du département de Moselle dans la mère patrie.
Du temps du Reichland, ladministration avait créé à
Château Salins, une école pratique dagriculture. Des bâtiments
nouveaux qui ressemblaient fort à un hôpital militaire furent construits
en 1912 pour labriter. A larmistice cette école retrouve
tout naturellement sa place dans lenseignement agricole français.
Mais il faut se rappeler que larrondissement de Château Salin est
de langue française et quil faisait partie de lancien département
de la Meurthe avant 1870.
Pour lautre partie de la Moselle, c'est le retour à lEtat
de lancienne résidence en Lorraine de lempereur Guillaume
II, le Château dUrville à Courcelles Chaussy, qui apporte
la solution. Edifiée au XVIIè siècle puis restaurée
au XIXè siècle par le Baron de Semellé, ce château
fut acheté par la chancellerie impériale sous un nom demprunt
pour permettre la conclusion de cette transaction. Après 1918, il est
progressivement affecté à lenseignement agricole : dabord
école dagriculture dhiver en 1926, puis école pratique
dagriculture en 1930, il devient école régionale dagriculture
après la deuxième guerre mondiale.
La même évolution va toucher lécole de Tomblaine.
Comme le Ministère de lagriculture estime que ses locaux sont inapropriés
à une école régionale, le conseil général
de Meurthe et Moselle se porte acquéreur du château de Pixérécourt
et de son exploitation. Dans son état actuel, il résulte des profondes
transformations apportées par le Comte OGorman en 1865. Au début
du XXè siècle, un de ses plus éminents locataires fut le
colonel Driant, député de Nancy et illustre écrivain patriotique
de lépoque qui fut tué au bois des Caures en 1916.
Tomblaine est alors progressivement abandonné et lécole
régionale dagriculture Mathieu de Dombasle prend son envol à
Pixérécourt à partir de 1950 sous la direction de Rovel.
A cette époque, les terrains situés en bas de lexploitation
sont utilisés par Der Katchatourian, Directeur de lécole
régionale de Courcelles Chaussy puis responsable régional de lenseignement
agricole, enfin Directeur de lEcole Nationale de Grignon, pour conduire
les expérimentations qui allaient déboucher sur la révolution
fourragère.
Nul ne peut nier aujourdhui limportance capitale des lois de 1960
- 1962. A la fin de la deuxième guerre mondiale, lEurope se trouve
pour la première fois de son histoire soumise à un double impéria
américain et russe et engagée bongré malgré, dans
le processus de la décolonisation. Pour retrouver stabilité et
identité, il est indispensable que lEurope de lOuest redevienne
rapidement auto-suffisante au plan alimentaire (rappelons que depuis cent ans
lEurope faisait venir trente pour cent de son alimentation de ses colonies).
Une alliance se noue entre les jeunes agriculteurs de la JAC et du CNJA entraînée
par M. Debatisse, des scientifiques dynamiques comme J. Poly et L. Malassis
et des élus éclairés, -il faut citer les noms de M. Debré
et E. Pisani- pour saisir cette opportunité de faire de la France une
grande puissance agricole dans la nouvelle communauté.
Lenseignement agricole est un des vecteurs de cette révolution
agricole. La réforme engagée est caractérisée par
3 éléments essentiels :
En Lorraine.
Les écoles régionales de Pixérécourt et de Courcelles Choisy sont immédiatement transformés en Lycées agricoles. Dans les Vosges et dans la Meuse, les collèges et les lycées sont ouverts à la fin des années 1960 :
Ces lois sont laboutissement de la démarche engagée en 1848.
Elles sont le résultat de deux évolutions majeures :
Les lycées et les collèges agricoles deviennent des LEGTA, des
LPA et des EPLA (Etablissements publics locaux agricoles) comme ceux de léducation
nationale avec un conseil dadministration composé de manière
équilibré entre les collectivités locales, les professionnels
et les parents délèves, enfin les représentants du
personnel et des élèves.
Mais ils ont deux particularités importantes :
- Leur président de Conseil dadministration nest pas le proviseur.
Il est élu parmi les membres des conseils dadministration qui ne
font pas partie du personnel de létablissement.
- Leurs 4 missions :
* formation initiale,
* formation professionnelle continue,
* animation,
* expérimentation développement
et limportance de la coopération internationale.
en font des plateformes technologiques au service du secteur agro-alimentaire
et de la gestion des terroirs au sein desquels ils sont insérés.
Le centre constitutif du lycée proprement dit est bien entendu le principal
dentre eux. Cest lui qui donne son identité : on parle toujours
de lycée agricole. Mais ce nest pas le seul : le centre dapprentissage,
le centre de formation professionnel ne sont pas en dehors de lEPL, comme
à lEducation nationale, mais en son sein. On peut même penser
que la qualité de la pédagogie qui y est pratiquée et qui
a construit progressivement la réputation des lycées agricoles
et leur rayonnement est du à cette rencontre dune communauté
denseignants motivés et de missions diversifiées multipliant
les interfaces entre lenseignement académique et son environnement.
En Lorraine.
Lévolution de lenseignement agricole se poursuivit comme
dans le reste du pays. La Lorraine dispose aujourdhui de 5 lycées
agricoles de plein régime aux compétences complémentaires
et profondément engagés dans la vie régionale :
- 2 en Moselle avec des spécialisations sur lagriculture et lagro-environnement,
- 2 en Meurthe et Moselle et en Meuse tout particulièrement spécialisés
dans lagro-alimentaire,
- 1 enfin dans les Vosges attaché à valoriser la montagne vosgienne
et tout particulièrement la filière bois.
Les lycées sont aussi le siège de nombreux organismes administratifs
régionaux et professionnels qui complètent ainsi de manière
heureuse le panorama de leurs plateformes technologiques respectives.
En 1842 au moment où Christophe - Joseph - Alexandre Mathieu
de Dombasle a pris sa retraite en fermant lInstitut agricole de Roville
devant Bayon, il a pu estimé quil avait oeuvré en vain et
que son action naurait hélas aucune postérité. En
1848 on pouvait penser que le sort sacharnait sur le pays natal de Mathieu
de Dombasle puisque le décret fondateur de lenseignement agricole
ny a eu aucun impact positif.
Aujourdhui,
il est heureux de constater quil nen est rien. Malgré les
boulversements et les guerres qui ont meurtri la Lorraine, la semence de lenseignement
agricole a germé et porté de nombreux fruits. Cela tient d'abord
aux valeurs humanistes de tous ceux qui se sont engagés à la suite
du grand agronome Lorrain. Quils en soient très sincèrement
remerciés et que leur mémoire soit fidèlement conservée
et honorée par tous ceux qui bénéficient aujourd'hui de
leur dévouement et de leur compétence. Une nouvelle Loi dorientation
agricole est devant le Parlement. Elle doit permettre à lagriculture
de sadapter aux enjeux de lavenir. Elle comporte quelques articles
sur lenseignement agricole. Au plan technique leurs portée est
limitée... et heureusement puisque lenseignement agricole daujourdhui
est un système denseignement exemplaire.
Mais au plan symbolique, cela signifie que demain comme hier la Nation compte
sur lenseignement agricole pour faire face aux défis que suscite
lévolution du monde. Nul ne doute que demain comme hier lenseignement
agricole public saura répondre aux attentes du pays.
Henry-Hervé BICHAT
Ingénieur général du GREF
Pixérécourt le 9 avril 1999
P.J. : photocopie du décret du 3 octobre 1948.
Bibliographie
1848 - « Le printemps de lenseignement agricole » Michel BOULET,
Anne-Marie LELORRAIN, Nadine VIVIER - Educagri édition 1998.
« Lenseignement agricole et son patrimoine » Tome 1 - Educagri
édition 1998.
« Histoire de lenseignement agricole dans les départements
concordataires » (Alsace-Moselle) R. IEHL 1998.
Roville 1822-1842 « Naissance de lenseignement agricole français
» Fabien KNITTEL, Marc BENOIT, Michel CUSSENOT - INRA 1998.
Centenaire de lEcole dagriculture - Lycée agricole «
Mathieu de Dombasle » Tromblaine, Nancy Pixérécourt - 1879-1979.
Musée Mathieu de Dombasle et de lenseignement agricole - Association
des anciens élèves du LEGTA Mathieu de Dombasle - 1999.
Inauguration du Monument Ernest BICHAT à Lunéville le 23 avril
1911.