LES REFORMES EN COURS AU ROYAUME-UNI

Le ministre de l'éducation du gouvernement conservateur alors en place au Royaume-Uni, a confié, en février 1996, à une commission présidée par Sir Ron Dearing, spécialiste de ces questions, la mission d'évaluer les besoins de l'enseignement supérieur britannique et de proposer des réformes pour les vingt années à venir. Aucune réflexion de cette ampleur n'avait été tentée depuis les années 1960. Le ministre de l'éducation du nouveau gouvernement travailliste, David Blunkett, à qui ont remises les propositions de la commission, les a dans l'ensemble bien accueillies, tout en formulant quelques contre-propositions en matière de financement.

La dégradation du système d'enseignement supérieur britannique au cours des vingt dernières années a été fréquemment dénoncée : elle est liée pour une très large part à la diminution de près de 40 % de la dépense publique par étudiant, au cours de cette période, dans un contexte de forte croissance des effectifs. Les établissements d'enseignement supérieur se sont multipliés, passant de 31 à 176, mais ils présentent un panorama très contrasté, l'opposition subsistant entre les "anciennes" universités, qui ont conservé tout leur prestige, et les "nouvelles", issues des Polytechnics (analogues aux IUT et IUP français), de moindre réputation. Cette opposition se traduit aussi en termes sociaux, les universités les moins prestigieuses accueillant de fait les étudiants issus des milieux socio-culturels les moins favorisés, et dans la nature des infrastructures et des équipements d'enseignement et de recherche dont disposent les différents établissements. La plupart des universités souffrent de difficultés financières qui leur interdisent de procéder aux investissements nécessaires pour maintenir la qualité de leur formation, ce qui nuit à la réputation d'excellence de l'enseignement supérieur britannique. Le besoin de financement de l'ensemble des établissements universitaires était évalué en 199- à 2 milliards de livres par an, et risquait d'atteindre 3 milliards de livres à brève échéance.

Les 122 propositions du rapport de la commission présidée par Ron Dearing portent principalement sur les points suivants :

C'est sur ce dernier point que le gouvernement travailliste s'est le plus clairement écarté des propositions du rapport Dearing, en préférant à des droits d'inscription uniformes pour tous les étudiants des droits proportionnels à leurs ressources, avec le maintien de la possibilité d'emprunts à remboursement différés, et des exemptions pour les étudiants les plus pauvres. Le gouvernement envisage en outre de supprimer les bourses pour les remplacer par des prêts accordés en fonction des revenus des parents, la charge globale (droits de scolarité plus dépenses de subsistance) à acquitter par une même famille ne pouvant excéder 2000 livres par an.