C) Le rapprochement entre universités et grandes écoles

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1. Un rapprochement de fait par les nouveaux cursus

La fixation à trois et cinq ou huit ans des principaux niveaux de l'enseignement supérieur et la possibilité laissée aux étudiants des grandes écoles de postuler aux nouveaux diplômes universitaires assureront, de façon très naturelle, un rapprochement de fait entre les deux systèmes.

 

2. Le recrutement de la haute fonction publique

C'est aussi par les débouchés que se rapprocheront les cursus des universités et des grandes écoles. Les grandes écoles ayant vocation à former les futurs membres de la haute administration de l'Etat, et notamment ceux des grands corps de contrôle administratif et juridictionnel (l'Ecole Polytechnique, pour les corps dits "techniques", et l'Ecole Nationale d'Administration, pour les autres corps), perdront le monopole de ces recrutements.

Les meilleurs étudiants de l'université, titulaires de la Nouvelle Maîtrise ou du doctorat, se verront ouvrir l'accès aux corps de la haute fonction publique. Les concours de recrutement de ces corps seront dissociés du classement de sortie de ces des deux écoles et seront faits par des jurys ad hoc, pour chaque corps, dans lesquels les membres du corps concerné ne pourront en aucun cas être majoritaires. Ces jurys serviront à comparer les mérites des élèves sorties des écoles et des universités.

3. Des campus d'enseignement supérieur

Pour étendre très rapidement les échanges entre universités et grandes écoles, il conviendra de mêler leurs promotions, de rendre certains cours accessibles indifféremment aux étudiants des unes et des autres, d'organiser la mobilité des enseignants entre les deux formes d'enseignement supérieur et de mettre en commun des moyens scientifiques et techniques sur des campus regroupant des universités et des écoles géographiquement voisines.

a) Les élèves

Un même étudiant devra pouvoir, au sein d'un même cursus, effectuer des va-et-vient entre universités et écoles, et suivre des enseignements dans les deux types d'établissements, indépendamment de la nature de l'établissement dans lequel il est lui-même inscrit. Des diplômes doubles devront être mis en place, associant explicitement une université et une grande école dans leur délivrance.

b) Les enseignants

Les enseignants, indépendamment de l'établissement auquel ils sont administrativement rattachés, devront pouvoir enseigner dans tous les établissements d'un campus regroupant des universités et des écoles.

c) Les équipements

Des procédures de mise en commun de ressources pourront être conçues et mises en uvre, en particulier pour les grands équipements de recherche, les réseaux multimédias, les restaurants et les logements.

d) Les créations d'entreprises

Pour favoriser l'éclosion d'entreprises liées à des laboratoires de recherche universitaires et à des écoles, on mettra en place des fonds de capital risque et des bourses d'entreprises, communs à des universités et des grandes écoles sur un même campus.

e) Des campus d'enseignement supérieur

On instaurera, pour tous les établissements d'enseignement supérieur d'une ville ou d'une région, une obligation de travailler ensemble, dans le cadre d'accords donnant naissance à des "campus d'enseignement supérieur", qui pourront aussi participer à des PUP. Pourront être ainsi mis en commun des locaux, laboratoires, moyens de vie sociale (logement, transport, bibliothèque, restaurant).

Pour cela on rassemblera l'ensemble des institutions concernées d'un même campus en une autorité fédérative unique, à la manière des communautés urbaines. Autour de cet ensemble pourrait s'épanouir des entreprises nées de la recherche appliquée.

Des campus seront ainsi constitués à Lyon, Strasbourg, Grenoble, Toulouse, Lille, Rennes où voisinent des écoles et des universités et où se trouvent concentrés des moyens d'enseignement, de recherche et de développement industriel.

Un campus sera installé sur le plateau de Saclay, par la mise en commun des moyens de l'École Polytechnique, des universités d'Orsay, d'HEC, de Supélec, de l'Ecole Centrale et des nombreux organismes de recherche présents dans ce périmètre.

Un pôle du même ordre pourra être organisé, dans le domaine de l'urbanisme, à l'Est de Paris, avec l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées, l'université de Marne-la-Vallée.

Un ou des pôles d'excellence seront maintenus dans Paris intra muros  par exemple en fédérant l'Ecole Normale Supérieure avec les grandes écoles scientifiques et les laboratoires de la Montagne Sainte Geneviève en un pôle de recherche et d'enseignement de la physico-chimie du vivant, et un réseau spécialisé en sciences économiques et sociales.

 

f) La gestion et le suivi des anciens élèves

On mettra en commun les moyens de suivre les carrières et la formation en permanence des anciens élèves des universités et des écoles. Cela passera par la création d'associations d'anciens élèves, dont la force dépendra des efforts qui auront pu être faits pour que ces campus deviennent des lieux de vie attrayants, pour les élèves et leurs anciens.