Ces réformes ne pourront évidemment être réalisées à budget constant. En particulier, l'allongement à trois ans du premier niveau d'enseignement supérieur et la généralisation du travail en groupes à effectifs réduits seront coûteux. Leur impact budgétaire sera, cependant moins élevé a priori qu'il ne semble, pour trois raisons :
- les classes d'âge accédant à l'enseignement supérieur vont se réduire;
- la durée réelle des études de DEUG (que ces études débouchent ou non sur l'obtention effective du diplôme) est, pour la majorité des étudiants, d'ores et déjà voisine de trois ans ;.
- la mise en commun, dans une même province ou un même campus, de moyens aujourd'hui dispersés entre plusieurs établissements réduira significativement les coûts.
D'autres réformes, non examinées en détail, ici pourront se révéler fort coûteuses, en particulier celles visant à la réduction significative des inégalités qu`entretient aujourd'hui le système d'enseignement supérieur : la mise en place d'un "plan social de l'étudiant", des mesures portant sur les bourses, le cadre de vie, le logement, le transport ou la comptabilisation dans le calcul de la retraite des années d'études accomplies au-delà de l'obtention de la Nouvelle Maîtrise.
Au total, l'enseignement supérieur français ne conservera une place de premier rang dans la compétition mondiale que si la nation y consacre des moyens croissants et mieux employés, à travers le budget de l'Etat, celui des collectivités territoriales et les entreprises. C'est la condition première du maintien du niveau de développement du pays.
A cette fin, il faudra favoriser, par toutes les mesures fiscales, législatives et réglementaires appropriées, les financements privés, de l'enseignement supérieur sans menacer en rien l'indépendance des universités et leur mission de service public. En particulier des entreprises devront être incitées à financer des bourses, des bibliothèques, des laboratoires, voire des cycles de formation, initiale autant que continue, dans des écoles et des universités.
On incitera les collectivités territoriales, et au premier rang d'entre elles les régions, à financer les établissements d'enseignement supérieur, sans remettre en cause le caractère national de leurs diplômes.