Bilan chiffré de la campagne de suivi des formations
habilitées
La liste officielle des écoles d'ingénieurs
publiques et privées de l'ensemble inter-régional
Nord-Est comportait 56 écoles délivrant des
diplômes d'ingénieur dans 92 spécialités
(hors NFI). En 1996/1997 ces formations ont accueilli 17.880
élèves-ingénieurs.
Eu égard au fait que :
- la Commission a décidé que l'examen des centres
régionaux de l'ENSAM se ferait lors du suivi des
écoles parisiennes et qu'il en serait de même pour le
CESI,
- des fusions sont intervenues à Strasbourg et à
Dijon,
le nombre de formations à examiner s'est finalement
réduit à 47.
Ces 47 formations sont assurées par 32
établissements dotés de la personnalité
juridique :
- 22 établissements publics dont 11
universités,
- 10 établissements privés.
Au 7 avril 1998, 41 rapports ont déjà
été présentés devant la CTI :
- 34 formations ont été habilitées pour 6
ans, avec, pour certaines, des recommandations très
précises
- 1 école a été habilitée pour 6 ans
pour certaines spécialités, 3 ans pour
d'autres,
- 1 école a été habilitée pour 6
ans, avec mission de suivi à 3 ans,
- 2 écoles ont été habilitées pour 3
ans,
- 2 écoles ont été habilitées pour
2 ans,
- 1 école a été habilitée pour 1
an.
6 rapports seront examinés ultérieurement.
En ce qui concerne les NFI, 18 formations étaient
habilitées, 8 ont été examinées en
même temps que les écoles précédemment
citées, les 10 autres étant traitées
spécifiquement. Aujourd'hui :
- 12 formations ont été renouvelées pour 6
ans,
- 1 est en instance, dans l'attente d'une prise de position des
établissements concernés,
- 1 a été transformée en école
classique (article 33 d'université),
- 1 a été supprimée à la demande de
l'établissement,
- 3 rapports n'ont pas encore été
présentés à la Commission.
Les leçons de la première année
Les remarques les plus fréquentes :
- des écoles n'ont pas encore attaché l'importance
qui convient à la connaissance des débouchés
de leurs diplômes, malgré l'enquête annuelle de
la Conférence des Grandes Écoles et le coup de
semonce que le milieu des ingénieurs a connu il y a trois
ans. La Commission a systématiquement demandé la
création par l'école, avec les partenaires qu'elle
souhaite (souvent les anciens élèves), d'un
observatoire de l'emploi et des carrières,
- les cursus sont encore trop lourds dans quelques
écoles, dépassant largement la norme pourtant
considérée comme maximale de 900 heures
encadrées par année. Dans le même temps, le
travail de formation personnelle de l'étudiant est alors
insuffisant, ainsi que les périodes de formation en
entreprise,
- l'équilibre des cursus, entre matières
scientifiques, matières techniques communes à tous
les ingénieurs, connaissances directement liées
à la spécialité, formation humaine, sociale
et managériale, formation pratique sur le terrain (stages
et projets en entreprise), s'est avéré parfois mal
respecté. La Commission ne veut certes pas imposer une
norme précise, mais elle a tenu à rappeler que
l'ensemble de ces composantes doit être présent dans
un cursus d'élève-ingénieur, et que, dans
quelques cas, une insistance exagérée sur la
spécialité est préjudiciable à une
formation de qualité,
- la formation en langues étrangères a beaucoup
progressé dans le milieu des ingénieurs, et nombre
d'écoles proposent deux, voire trois langues, en insistant
généralement sur l'anglais comme langue obligatoire.
La pratique de faire contrôler le niveau de langue des
élèves par un organisme spécialisé, et
parfois de subordonner la délivrance du diplôme
à un niveau minimum, se généralise lentement.
La Commission en a demandé la systémisation,
- la Commission n'a pas pour mission d'évaluer la
recherche des écoles. Cependant, elle considère que
la valeur formatrice de la recherche doit être
exploitée au mieux. Aussi a--t-elle cherché à
déterminer dans quelle mesure l'organisation de la
recherche dans les écoles faisait une place à
l'accompagnement de la formation. A cet égard, on doit
constater que parmi les écoles les mieux pourvues en
laboratoires de recherche, quelques unes s'avèrent pauvres
dans cette symbiose recherche-formation,
- certaines écoles en émergence ont, pour des
raisons économiques évidentes, un personnel
enseignant constitué presque exclusivement de vacataires.
La Commission s'est émue à plusieurs reprises de la
faiblesse numérique du corps enseignant susceptible de
faire de l'encadrement et, au moins une fois, de
l'inadéquation entre les spécialités des
enseignants et les cours qu'ils sont amenés à
enseigner
- partout où cela est possible, la coopération
entre écoles proches et complémentaires, ou avec
l'université voisine, a été
encouragée.
Enfin, la Commission, qui attendait beaucoup des
déclarations de politique générale
demandées aux écoles, a souvent jugé ces textes
comme étant des constats de l'existant plutôt que de
réelles prospectives sur les axes de développement.
Cas particulier des formations en alternance et en partenariat
avec les entreprises.
Dès leur création à la suite du "rapport
Decomps", la Commission avait estimé que le caractère
novateur, et bien souvent expérimental, de ces formations,
qualifiées de "Nouvelles Formations d'Ingénieurs",
justifiait l'attribution d'une habilitation à durée
déterminée. Ces formations étant
délivrées sous la maîtrise d'ouvrage de
structures de partenariat, souvent de statut associatif, et sous la
responsabilité d'un établissement habilité
à délivrer le diplôme d'ingénieur, leur
examen a été effectué en même temps que
celui de cet établissement.
Dans le cas de ces formations, qui fonctionnent en formation
continue, en formation initiale par apprentissage, ou parfois en
formation initiale sous statut d'étudiant, la Commission a
été très attentive à la
réalité du partenariat, aussi bien dans les structures
de gestion que dans la formation elle-même. L'alternance
étant de règle, la qualité du double tutorat
fourni à l'apprenant a été examinée avec
attention. Enfin, le contenu académique réduit de
certaines de ces formations a justifié un examen rigoureux du
contenu des programmes.
La grande dispersion des titres délivrés a
été jugée nuisible au développement de ce
type de formation en alternance et à la lisibilité
générale de l'offre. Aussi la Commission a-t-elle
introduit pour ces formations un titre générique
d'Ingénieur des Techniques de l'Industrie, qui devrait
permettre de les conforter collectivement, ainsi que les
établissement qui en sont les garants, et de mieux situer les
responsabilités.