Dans le respect des textes qui organisent
la reconnaissance des titres d'ingénieurs et lui en confient
la responsabilité et la maîtrise d'œuvre, la
CTI est attentive aux demandes liées à la diversification
du marché de l'emploi, aux besoins des entreprises et aux
progrès scientifiques. La définition ci-dessous,
en évolution constante dans les éditions successives
de Références et Orientations, le montre.
1. Quel métier pour l'ingénieur
?
Le métier de base de l'ingénieur
consiste à poser et résoudre des problèmes
souvent complexes liés à la conception, à
la réalisation et à la mise en œuvre de produits,
de systèmes ou de services. A ce titre, l'ingénieur
doit posséder un ensemble de connaissances techniques,
économiques, sociales et humaines reposant sur une solide
culture scientifique.
Son activité s'exerce notamment dans l'industrie, le bâtiment,
les travaux publics, l'agriculture et dans les services. Elle
mobilise des hommes et des moyens techniques et financiers, souvent
dans un contexte international. Elle reçoit une sanction
économique et sociale, et prend en compte les préoccupations
de protection de l'homme, de la vie et de l'environnement, et
plus généralement du bien-être collectif.
2. Quel esprit pour la formation d'ingénieur
?
L'ingénieur acquiert un ensemble de
connaissances et de savoir-faire au cours d'un cycle d'enseignement
supérieur long, comportant des enseignements académiques
pluridisciplinaires, des formations technologiques et des périodes
de formation en milieu professionnel*. La formation par l'expérimentation
est, par ailleurs, indispensable pour développer le sens
du concret et des réalités.
* Il peut aussi avoir obtenu la validation des acquis de son expérience
Le respect de cet esprit exige la mise en œuvre
de principes fondamentaux :
- Le diplôme d'ingénieur correspond
à cinq années d'études
après le baccalauréat constituant un cursus totalement
cohérent, d'au minimum 300 crédits, défini
et validé par l'école. Les deux premières
années peuvent être mises en commun au sein des
classes préparatoires aux grandes écoles.
- Les différents recrutements sont
toujours effectués par concours
avec un nombre de places clairement affiché. Ces concours*
peuvent être sur épreuves ou sur titres avec examen
du dossier du candidat, et éventuellement un entretien
de motivation. Les opérations de recrutements proprement
dites doivent être conduites avec rigueur et transparence
et les conditions de recrutement clairement précisées
par les établissements aussi bien dans les dossiers de
création que dans les dossiers d'évaluation périodique.
- Au niveau bac+4,
il ne peut s'agir que de recrutements complémentaires
réalisés par des établissements organisant
une formation en 3 ou 5 ans. La Commission des Titres d'Ingénieur
donnera, une décision ou un avis défavorable à
toute demande d'habilitation fondée uniquement sur un
recrutement à bac +4.
- Après son recrutement, l'intégralité
du cursus de l'élève est sous
le contrôle de l'école, la moitié
pouvant, dans cette condition, être réalisée
à l'extérieur.
* Les établissements sont invités à utiliser
largement les concours communs ou les banques de notes qui donnent
plusieurs cahnces aux candidats dans des conditions pratiques
et financières raisonnables. L'optimisation de l'appareil
de recrutement contribue également à une plus
grande efficacité du dispositif de formation des ingénieurs.
3. Cursus
3.1. Contenu des enseignements
Le cursus doit comprendre :
- un enseignement approfondi en sciences
de base qui pourra valablement comporter une première
expérience de la recherche,
- un enseignement suffisamment
large dans les dominantes de la formation visée,
- une formation complète aux méthodes
de l'ingénieur, incluant la gestion de projet,
la maîtrise des systèmes complexes et l'informatique.
A une époque où l'informatique change les métiers
et l'organisation de la société, la formation
de l'ingénieur ne saurait se limiter à la maîtrise
d'un outil ni à une approche purement numérique
des problèmes. La formation en informatique doit donc
non seulement comporter la connaissance des concepts de cette
discipline mais permettre à l'ingénieur de participer
à l'élaboration et à la maîtrise
d'ouvrage d'un projet d'informatisation (annexe 12).
- une approche concrète des technologies
de l'information et de la communication,
- une ouverture aux sciences
économiques, sociales, humaines, juridiques, à
la gestion de l'entreprise ainsi qu'à la réflexion
éthique,
- une formation aux savoir-faire
comportementaux nécessaires à l'intégration
dans un groupe (aptitudes à la communication, au travail
en équipe, à la motivation et au leadership),
- une formation à tous les aspects
internes ou externes de la vie en entreprise, nationale ou internationale,
notamment : les relations humaines, les réseaux, l'environnement,
la qualité, l'hygiène, la sécurité,
la propriété industrielle…
- une pratique des langues
étrangères, y compris dans les enseignements
scientifiques et techniques ou les stages. L'anglais, exigé
comme condition et critère de recrutement des entreprises,
ne peut plus être considéré comme une langue
' étrangère ' en situation professionnelle et
la pratique d'une autre langue vivante s'avère indispensable.
Le niveau minimum d'anglais requis à l'issue d'une formation
d'ingénieur est le niveau B2 défini par le "
cadre européen commun de référence pour
les langues " du Conseil de l'Europe ( annexe 9). Ce niveau
doit notamment être évalué et attesté
par un examen ou un test de langues reconnu, par exemple 750
TOEIC, 550 TOEFL (213 pour la version informatique : computer
based test), grade C au FCE …
Dans le cas de la formation continue, ce niveau minimum est
de B1 défini par le " cadre européen commun
de référence pour les langues " du Conseil
de l'Europe.
Ces obligations de résultats ne dispensent pas les écoles
d'une véritable stratégie de l'enseignement des
langues pour de futurs ingénieurs en situations professionnelles.
- pour les non francophones, le niveau
minimum requis en langue française à l'issue d'une
formation d'ingénieur est B2 défini par le "
cadre européen commun de référence pour
les langues " du Conseil de l'Europe.
- une internationalisation selon des modalités
diverses pour les étudiants et personnels ;
3.2.Organisation des enseignements
La Commission recommande de respecter des horaires
d'enseignement encadré donnant aux élèves
ingénieurs la possibilité de travail personnel et
en groupe.
Les enseignements, modularisés et semestrialisés
(annexe 10)* , comprennent des cours magistraux, des travaux dirigés,
des travaux pratiques et des projets.
Il est recommandé de développer la pédagogie
par projets afin de favoriser la prise d'autonomie des élèves.
Une organisation efficace de l'enseignement doit également
intégrer l'utilisation raisonnée des Technologies
de l'Information et de la Communication appliquées à
l'Enseignement.
* Un semestre représente 30 crédits (annexe 9),
y compris les stages, et correspond à un maximum académique
de 450 heures encadrées.
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