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Annexe>La dimension internationale
L'ouverture mondiale des économies et
le développement correspondant des entreprises se traduisent
par la nécessité d'une aptitude de l'ingénieur
à évoluer en milieu international. Les métiers
exercés, dans ce contexte supposent une ouverture multiculturelle.
Cette exigence implique une prise en compte, par les écoles,
de la dimension internationale au-delà de la pratique indispensable
de langues par les jeunes diplômés.
L'internationalisation d'une formation passe par trois formes
:
1. L'internationalisation du corps enseignant,
par le recrutement ou l'accueil d'enseignants étrangers
et l'envoi à l'étranger des enseignants. Ceci permet
de donner un niveau international à l'enseignement et favorise
les échanges d'étudiants par les réseaux
d'enseignants ainsi formés.
2. L'internationalisation du recrutement des
élèves, qui met l'école en contact avec d'autres
cultures, et permet la reconnaissance internationale du standard
français de l'ingénieur. La Commission des Titres
d'Ingénieur encourage la croissance du nombre d'étudiants
étrangers intégrés dans les cursus de formations
d'ingénieurs diplômés, titre qui assure désormais
le droit au grade de Master.
3. Les séjours à l'étranger
des élèves, que ce soit sous la forme de stages,
de programmes d'échanges, d'années de substitution
ou de double diplôme.
La pratique des langues étrangères
(voir 3.3.1).
L'accueil d'étudiants étrangers
La plupart des établissements, souvent
dans le cadre de la création de l'espace européen
de l'enseignement supérieur, accueillent des étudiants
étrangers soit en les intégrant dans tout ou partie
de la formation d'ingénieur diplômé, soit
en les préparant à un diplôme d'établissement
de "master of/in sciences and engineering".
La CTI encourage vivement les écoles
ou groupes d'écoles à proposer à des étudiants
étrangers des cursus aménagés leur permettant
d'intégrer directement leurs formations d'ingénieurs
en vue de l'obtention du titre d'ingénieur diplômé
( à Bac+5). Cette possibilité est désormais
renforcée au plan de la lisibilité internationale
par le droit automatique au grade de master (master degree).
La CTI recommande les aménagements suivant
du cursus :
Intégration en 2ème année
du cycle ingénieur pour des étudiants ayant au moins
un diplôme équivalent au "bachelor" et
sélectionnés sous la responsabilité des écoles
selon des procédures réglementaires et/ou en prenant
en compte les acquis académiques et professionnels.
L'organisation peut être la suivante
: un semestre d'adaptation, complétant la formation initiale
scientifique de l'étudiant ainsi que sa connaissance de
la langue française, si nécessaire.
Deux semestres académiques (800 heures environ au total).
Un semestre de formation industrielle et/ou de recherche d'une
durée minimale de 600 heures effectué dans une entreprise
ou dans un laboratoire de recherche, en France ou à l'étranger.
Tous ces aménagements doivent être impérativement
mis en place et contrôlés par l'établissement
seul habilité à vérifier le niveau des acquis
correspondants. Les conventions passées à ce titre
et leur mise en œuvre pourront être vérifiées
par la CTI.
L'envoi d'étudiants français dans un établissement
étranger
Cas nettement plus fréquent que le précédent,
il obéit au même principe de responsabilité
unique de l'établissement français, dans le contrôle
des acquis et la délivrance du diplôme d'ingénieur.
En particulier la mise en place de crédits ne saurait en
aucun cas aboutir à une dilution potentiellement nuisible
à la qualité du diplôme de cette responsabilité
clef de voûte de l'habilitation des établissements.
En conséquence, la CTI précise ci-dessous les conditions
à respecter pour qu'un élève français
effectuant une partie de sa scolarité à l'étranger
reçoive le diplôme d'ingénieur de son établissement.
. pour les écoles en 3 ans, la moitié au moins du
cursus doit être accompli en France.
· pour les écoles en 5 ans, 2,5 années au
moins doivent être effectuées en France. On peut
recommander, sauf conditions exceptionnelles, de limiter l'échange
au second cycle avec au moins 1,5 années dans l'établissement
français.
Dans tous les cas, le contrôle pédagogique de la
formation réalisée dans un autre établissement
est assuré par l'école d'origine (formalisation
par voie de convention et désignation d'un enseignant tuteur
pour les étudiants concernés).
Consciente de l'intérêt et de l'enjeu pour les établissements
français, la Commission des Titres d'Ingénieur souhaite
que les projets de développement de relations réciproques
approfondies entre les établissements partenaires prennent
en compte les échanges de professeurs, de techniques pédagogiques,
des partenariats de recherche, de R. et D. avec des entreprises,
etc.
Habilitation impliquant des établissements étrangers
L'organisation de relations telles que décrites ci-dessus
et de qualité indiscutable avec des établissements
étrangers peut aller au delà de l'accueil d'étudiants
étrangers et de l'envoi d'étudiants français
et aboutir soit au double diplôme soit au diplôme
conjoint ; les règles posées aux deux paragraphes
précédents doivent alors être complétées.
Cas du double diplôme
La notion de double diplôme recouvre
la possibilité pour un élève ingénieur
français, effectuant un cursus en partie dans son établissement
d'origine, déjà habilité par la Commission
des Titres d'Ingénieur, et en partie dans l'établissement
étranger partenaire, de se voir décerner le diplôme
de chacun des établissements. En tout état de cause,
le cas du double diplôme suppose la réciprocité.
La Commission des Titres d'Ingénieur est évidemment
concernée par l'évaluation du programme réellement
suivi par :
· les élèves - ingénieurs français
qui sont en partie formés dans un établissement
étranger partenaire,
· les étudiants issus d'un établissement
étranger partenaire et formés en partie dans l'établissement
français.
Il s'agit d'apprécier si ces deux cursus aboutissent bien
à la possibilité de délivrer le diplôme
habilité par la Commission des Titres d'Ingénieur
de l'établissement français.
Par symétrie, c'est l'organisme d'accréditation
du pays étranger qui est concerné par l'autorisation
à donner à l'établissement partenaire de
l'établissement français, de délivrer le
diplôme d'ingénieur ou son équivalent académique
dans la terminologie propre du pays, aux étudiants ayant
suivi un cursus dans ces deux établissements. L'établissement
français conserve la responsabilité d'attribution
du diplôme aux élèves français et aux
étudiants étrangers concernés, dans des conditions
particulières de résultats capitalisés par
ces étudiants et définies dans la convention de
partenariat.
Cette convention, pièce indispensable
d'un dossier de demande d'autorisation à soumettre à
la Commission des Titres d'Ingénieur devra préciser
le projet pédagogique et les diverses modalités
d'attribution des diplômes français et étrangers.
La Commission des titres considère qu'il
n'est pas concevable de délivrer deux diplômes dans
la même durée que celle exigée pour un seul
et précise que la durée minimum de présence
de l'élève ingénieur dans l'établissement
français délivrant le diplôme est de la moitié
du cursus (cf.Ch 1.2. et Ch.3) dont un semestre de stages industriels
en France ou dans un pays étranger ou dans le pays d'origine
pour l'étudiant étranger.
Le diplôme de l'établissement français devra
être accompagné du "supplément au diplôme".
Le dossier de demande d'habilitation pour un double diplôme
doit être transmis au greffe de la Commission des Titres
d'Ingénieur. La suite de la procédure étant
ensuite exactement la même que pour l'habilitation d'un
diplôme national simple.
L'avis de la Commission des Titres d'ingénieur est transmis
au Ministère de tutelle (écoles publiques) ou sa
décision communiquée aux écoles privées.
Le rapport des chargés de mission, complété
après la réunion de la Commission des Titres d'Ingénieur
est transmis au Directeur de l'école française.
Cas du diplôme conjoint
Le diplôme conjoint découle d'un partenariat fort
entre un établissement français et un établissement
étranger pour mettre en œuvre une formation unique
dans les deux pays permettant à un élève
ingénieur de suivre une partie de son cursus indifféremment
dans l'un ou l'autre établissement. La durée globale
de la formation peut être maintenue dans la durée
nominale des études d'ingénieur (conformément
au ch.1.2. et au Ch.3)
Dans ce cas, il s'agit en fait pour les établissements
français d'un nouveau diplôme qui doit être
traité comme tel. En conséquence une demande formelle
de nouvelle habilitation doit être adressée à
la Commission des Titres d'Ingénieur.
Cette demande d'habilitation est examinée dans les conditions
prévues par la loi française, et selon la méthodologie
définie par la CTI, mais également par les instances
étrangères compétentes. Elle ne peut prendre
effet que si le diplôme est reconnu dans chacun des pays
concernés.
Admission de diplômes délivrés
par des établissements étrangers
Dans le cadre d'une meilleure reconnaissance
internationale du standard français, la Commission des
Titres d'Ingénieur accorde une grande attention aux demandes
exprimées par d'autres pays pour une évaluation
de certains de leurs établissements ou de leur système
de formation.
L'article L642-7 du Code de l'éducation stipule : "Sur
demande des gouvernements intéressés, et après
avis de la Commission des Titres d'ingénieur, des diplômes
et Titres d'ingénieur étrangers pourront être
admis par l'État. Ils devront comporter l'indication du
pays d'origine".
Elle ouvre ainsi la possibilité d'une reconnaissance officielle
des programmes étrangers conduisant à un titre ou
un diplôme d'ingénieur.
La procédure d'admission par l'État
est, en principe, la suivante :
. un premier contact préalable est recommandé
avec la Commission des Titres d'Ingénieur,
· une demande officielle doit être
faite par le gouvernement étranger au gouvernement français.
C'est en principe le Ministre chargé de l'Enseignement
Supérieur qui, en liaison avec les autres ministères
concernés, déclenche la procédure d'admission,
· il est recommandé d'accompagner
cette demande d'une déclaration d'intention visant réciproquement
à examiner ou à faire examiner avec intérêt
la reconnaissance des titres et diplômes délivrés
par un établissement français qui en ferait la demande,
. la Commission des Titres d'Ingénieur
peut alors être officiellement saisie et donner son avis
après visite sur place, dans les mêmes conditions
que pour un établissement français,
· en cas d'accord du gouvernement français,
les diplômes et titres d'ingénieur concernés
sont admis par l'État dans la liste des diplômes
et titres délivrés par des établissements
étrangers présentant des programmes et un enseignement
suffisants pour délivrer un diplôme d'ingénieur
au regard des critères français. Les ingénieurs
concernés sont alors autorisés à porter en
France le titre d'ingénieur diplômé.
Cette admission fait l'objet d'un arrêté
du ministre de l'Éducation Nationale.
Reconnaissances internationales
Dans le but de favoriser les échanges
d'ingénieurs, la Commission des Titres d'Ingénieur
a engagé un certain nombre de négociations avec
des pays possédant un organisme officiel d'accréditation
des programmes de formation d'ingénieurs.
L'objectif est une reconnaissance réciproque des procédures
d'accréditation.
Pour les pays qui, comme la France, ne possèdent pas de
procédure d'admission professionnelle, cela peut conduire
à une procédure simplifiée de reconnaissance
de la formation étrangère.
Pour les pays qui imposent des procédures d'admission professionnelle
pour les titulaires d'un diplôme accrédité
ayant quelques années de pratique professionnelle, cela
peut conduire à une "admission professionnelle"
simplifiée d'un ingénieur diplômé français.
C'est le cas en particulier avec le CCI (Conseil Canadien des
Ingénieurs).
Pour les pays qui ne possèdent pas de procédures
d'accréditation, seule une approche au cas par cas est
envisageable pour l'instant.
En outre au niveau européen la CTI est membre fondateur
du réseau ESOPE qui permet des échanges d'information
entre organismes d'accréditation. Malgré l'extrême
diversité des situations il permet d'organiser l'échange
croisé d'observateurs lors de missions d'accréditation,
afin de développer une connaissance mutuelle des méthodes
d'accréditation.