Monsieur le Ministre d'Etat, Ministre de l'Education Nationale et
de la Culture, Monsieur le Secrétaire d'Etat à
l'Enseignement Technique,
Nous vous sommes reconnaissants d'avoir pris de votre temps pour
partager notre réflexion sur le développement et le
devenir des écoles d'ingénieur.
Bien que le sujet d'étude de cette journée soit
limité aujourd'hui au développement des écoles
d'ingénieur dépendant de votre Ministère, et
particulièrement de l'Education Nationale, notre propos
concernera plus largement
La Commission des Titres d'Ingénieur a en effet une
vocation interministérielle, car il est utile et
nécessaire d'avoir, dans ce domaine, une approche très
ouverte, sans limitation organisationnelle ou administrative, de
tutelle ou de statut.
Vous savez que la Commission des Titres d'Ingénieur a
essentiellement une mission d'audit, de suivi, de validation et de
certification officielle, sous la forme d'avis ou de décision
d'habilitation ou de retrait d'habilitation.
Elle ne dispose d'aucun moyen d'étude approfondie ou
d'enquête statistique, hors la compétence de ses
membres, leur disponibilité, et les moyens mis gracieusement
à sa disposition, par tel ou tel de ses membres. J'y
reviendrai plus loin.
Quelles sont actuellement les principales interrogations de la
Commission des Titres d'Ingénieur ? Nous n'en retiendrons que
trois, parmi celles-ci, sachant que nous avons périodiquement
des discussions approfondies avec votre Cabinet et les services de
votre Ministère.
1. Dès le printemps 1991, la Commission des Titres
s'est interrogée sur le nombre des ingénieurs
formés en France qui, aux dires de certains experts,
risquaient de devenir excédentaire par rapport à la
demande, à un terme proche de quelques années.
Le Premier Ministre et le Ministre de l'Education Nationale ont
été saisis officiellement, par courrier en date du 29
Novembre 1991 par la Commission des Titres d'Ingénieur qui
:
Nous nous permettrons, Monsieur le Ministre, de rappeler cette
demande, d'autant plus que certains indicateurs récents
pourraient laisser entendre, conséquence d'un crise temporaire
ou nouvelle situation économique, une attente un peu plus
longue du premier emploi à la sortie d'Ecole. Ne disposant
d'aucun moyen d'étude spécifique, la Commission des
Titres a besoin de ces éléments quantitatifs et
qualitatifs pour guider les décisions d'habilitation et les
orientations intéressant les différents acteurs et
partenaires.
La Commission des Titres d'Ingénieur est prête à
s'associer à toute réflexion sur cette question.
* * *
2. Une deuxième réflexion est relative à
la notion de réseau d'Ecoles que la Commission des
Titres a vivement encouragée depuis plusieurs
années.
Le principe du réseau est simple, même si sa mise en
oeuvre est délicate et exige ouverture d'esprit,
volonté et persévérance.
Le réseau permet une synergie des moyens, le renforcement des
pôles d'excellence de chaque école sans dispersion
inutile, et une meilleure lisibilité internationale, sans pour
autant abandonner la spécificité et la richesse de
chaque école.
Nous souhaitons avancer rapidement dans cette direction, parfaire les
réseaux qui se sont créés ces dernières
années, ceux des Ecoles Centrales, des Ecoles de Chimie, des
ICAM, ISEP, de certaines Universités, et engager d'autres
Ecoles à développer de réelles
coopérations mutuelles et non de simples parrainages ou de
juxtapositions d'opportunités.
Deux approches sont possibles : une approche territoriale, en
incitant à se rapprocher les formations d'ingénieurs
développées sur un même site ou une même
région, pour créer des pôles technologiques
interdisciplinaires plus étoffés, ou une approche
professionnelle, en engageant les Ecoles travaillant dans la
même discipline à renforcer leur domaine
d'excellence.
Pour éviter la dispersion des moyens de l'Etat, des
Régions et des Branches professionnelles, les demandes de
création de nouvelles formations d'ingénieur devraient
désormais se fonder sur un réseau existant ou à
créer.
* * *
3. La dernière réflexion dont nous souhaitons
vous faire part, touche aux relations internationales
En Avril 1990, avec le parrainage de votre Ministère et celui
des Affaires Etrangères, la Commission des Titres avait
organisé une réunion internationale sur les divers
systèmes d'évaluation et de certification des
formations d'ingénieurs en usage dans les 12 pays de la
Communauté Européenne.
Permettez-moi, en conclusion, Monsieur le Ministre, de vous dire la
foi et l'enthousiasme qui nous animent.
Nous savons que les grands défis de l'Europe de demain
exigeront de notre part un professionnalisme rigoureux, un sens aigu
de nos responsabilités sociales et humaine, et un engagement
personnel total.
Venant de mondes différents, nous nous retrouvons au sein de
la Commission des Titres d'ingénieur, pour vous apporter la
richesse d'expériences diverses, tant nationales
qu'internationales, pour vous apporter aussi des évaluations
sur les formations d'ingénieurs existantes et des orientations
pour les formations à créer.
Nous vous remercions de votre confiance, comme vous pouvez être
certain du dévouement, de la rigueur et de
l'objectivité des membres de la Commission des Titres
d'Ingénieur.