La Commission des Titres d'Ingénieur
Une structure originale/Fonctionnement/
Quelques exemples d'activités /
Retour à la table des matières du document
de doctrine
Une structure originale
Créée par la loi du 10 Juillet 1934 relative
aux conditions de délivrance et à l'usage du titre d'ingénieur
diplômé, la Commission des Titres d'Ingénieur a pour missions
:
- d'étudier toute question relative aux formations
d'ingénieur, quel qu'en soit le domaine,
- d'examiner les demandes d'habilitation de formations d'ingénieurs
diplômés,
- d'intervenir, si nécessaire pour sauvegarder la
qualité des formations d'ingénieurs diplômés et
de procéder à toute enquête dans les établissements
d'enseignement supérieur et auprès des professions.
La Commission des Titres d'Ingénieur comprend 32
membres
- la moitié est choisie par le Ministre de
l'Éducation Nationale, de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche
et de l'Insertion Professionnelle, parmi les personnels de l'Enseignement
Supérieur ou en raison de leur compétence scientifique et technique
- un quart est choisi par les groupements d'employeurs
les plus représentatifs
- un quart désigné par les associations
et organisations professionnelles d'ingénieurs les plus représentatives.
Cette composition tripartite est particulièrement
intéressante, rapprochant des représentants des formations d'ingénieurs
et des experts, des représentants des professions et des entreprises, ainsi
que des représentants des principales organisations syndicales et des associations
d'ingénieurs.
Le législateur, s'il avait fixé la répartition générale
des membres par moitié et par quarts, avait laissé à un décret
ultérieur le soin d'en fixer le nombre total de membres, ainsi que le choix
des organismes et établissements représentés. Ainsi, cette
représentation s'est adaptée au fil des ans à l'émergence
de nouveaux besoins et à l'ouverture de nouvelles formations, à
l'évolution de l'environnement et à celle de l'enseignement.
Fonctionnement
La Commission des Titres d'lngénieur se réunit
en général dix fois par an en séance plénière,
sauf convocation particulière, sur un ordre du jour préparé
par son Bureau.
Cet ordre du jour comprend généralement:
- la désignation des rapporteurs de la Commission
des Titres pour toutes missions d'étude "in situ" ou d'examen
d'une demande d'habilitation ou de toute modification,
- la discussion des rapports des missions effectuées
au cours des semaines précédentes,
- la présentation d'études ou d'enquêtes
sur certains aspects des formations d'ingénieurs.
Tout établissement d'enseignement public ou privé,
français ou étranger, qui a développé une formation
scientifique et technique de haut niveau répondant à un objectif
professionnel précis, peut demander à ce que cette formation soit
habilitée à délivrer un titre et un diplôme d'ingénieur.
La Commission des Titres d'Ingénieur désigne alors en son sein des
rapporteurs appartenant le plus souvent aux diverses représentations professionnelles,
ces rapporteurs pouvant s'adjoindre des experts ou des spécialistes des
disciplines enseignées ou professions visées. Une mission "in
situ" est organisée, permettant aux rapporteurs d'étudier sur
place le projet pédagogique, de rencontrer l'équipe d'enseignement
et de direction, des élèves en cours de formation, parfois même
des employeurs ou des anciens élèves, et enfin de visiter les installations
et les laboratoires. Le rapport est ensuite présenté devant la Commission
des Titres réunie en séance plénière, qui se prononce
:
- pour avis, pour toutes les formations nationales rattachées
à un Ministère de tutelle,
- pour décision, pour toutes les formations dispensées
par des établissements privés.
Les Directeurs des écoles privées reçoivent
communication des rapports d'enquête et sont entendus par la Commission.
Ils peuvent, ainsi que le Ministère de l'Éducation Nationale, de
l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'lnsertion Professionnelle,
interjeter appel dans le délai de deux mois de la décision devant
la Commission permanente du Conseil National de l'Enseignement Supérieur
et de la Recherche (CNESER) qui statue en dernier ressort.
Au fil des années et au rythme du développement des nouvelles technologies
et de nouveaux enseignements, la Commission des Titres d'Ingénieur a habilité
de nouvelles formations. Fin 1994, 226 habilitation d'écoles avaient été
prononcées en formation initiale, promotionnelle ou de spécialisation.
Par ailleurs, la Commission avait également accordé 101 habilitations
pour les formations en partenariat avec les entreprises et les branches professionnelles.
Ainsi habilitées, les formations d'ingénieurs diplômés
doivent sans cesse évoluer pour préparer les élèves-ingénieurs
d'aujourd'hui aux défis et aux nouvelles exigences de leur métier
de demain, en connaissances scientifiques, en savoir-faire technologiques, en
compétences professionnelles et de management. Ces évolutions indispensables
ne doivent pas toutefois altérer l'esprit et la qualité des objectifs
initiaux.
La Commission des Titres d'lngénieur peut alors décider de sa propre
initiative :
- soit de procéder a une mission d'inspection dans
l'un ou l'autre des établissements d'enseignement habilités,
pour vérifier le contenu et les conditions d'organisation des formations,
- soit de lancer auprès des professionnels et des
entreprises une enquête en profondeur sur le devenir de certains métiers
ou sur l'évolution des débouchés et le développement
de telle ou telle discipline.
La Commission a initié avec les Nouvelles Formations
d'Ingénieur une démarche d'habilitation à durée déterminée
(trois ou cinq années, avec garantie de bonne fin de la dernière
promotion engagée), dont elle préconise l'extension à l'ensemble
des établissements d'enseignement qu'elle a habilités.
Quelques
exemples d'activités
La Commission organise des rencontres et participe à
des consultations formelles ou informelles sur l'évolution des formations
technologiques. A titre d'exemples, on peut citer les études sur :
- l'évolution des formations supérieures en
chimie (chimie physique, chimie industrielle et génie chimique),
- la formation des ingénieurs diplômés
en prévention des risques et sécurité du travail,
- le regroupement de certaines formations d'ingénieurs,
pour renforcer la synergie entre les établissements d'enseignement
et permettre une meilleure mise en commun des moyens et laboratoires,
- la formation continue diplômante,
- les comparaisons internationales.
La Commission des Titres d'Ingénieur suit, avec
la plus grande attention, les travaux de la Commission de l'Union Européenne.
Elle a lancé plusieurs initiatives dans ce domaine. Des réunions
de travail sur les convergences et les spécificités des formations
d'ingénieurs diplômés dans les différents pays européens
sont organisées sous son égide, avec les principales organisations
professionnelles et les associations d'ingénieurs.
Conclusions
Les tâches de la Commission des Titres sont multiples
et variées. Chaque année, plus de 60 missions "in situ"
sont organisées, chacune correspondant au minimum à 3 ou 4 journées
de travail. Les études et les enquêtes à portée plus
générale sont au nombre de deux ou trois par an, exigeant de nombreuses
réunions préparatoires et de multiples auditions
Le secrétariat-greffe de la Commission est assuré par le Ministère
chargé de l'Enseignement Supérieur. Les membres de la Commission
participent aux expertises et travaux demandés tout en assurant leurs activités
professionnelles. Ils sont conscients de la nécessité de cette relation
privilégiée entre l'enseignement et l'économie, et de l'importance
de cette recherche permanente d'ajustement entre les évolutions des impératifs
économiques et la préparation des ingénieurs de demain.
Retour à la table des matières
revu le:/1999.