Les enseignants des écoles d'ingénieur

[Les permanents d'une école d'ingénieur] [Les modes d'intervention des professionnels]
[Les grands équilibres à respecter]
Afin de répondre à leurs diverses missions, dont les principales sont la formation initiale, la formation continue et la recherche, les écoles d'ingénieur doivent disposer d'enseignants permanents aussi bien que de personnels enseignants vacataires.
Ces personnels enseignants se répartissent traditionnellement en trois catégories : Les principales questions qui se posent dans la constitution d'un corps enseignant équilibré sont de deux ordres :
- quels sont les rapports numériques optimaux entre ces différentes catégories ?
- quelles sont les fonctions qui doivent obligatoirement être confiées à des permanents ?
Il est clair que la réponse n'est pas simple, et que dans divers types d'écoles, des réponses diverses peuvent être apportées. Cependant, l'expérience conduit à admettre la nécessité d'un corps permanent, ainsi que d'un ensemble de professionnels étroitement associés à la définition des programmes de l'école et à leur mise en oeuvre.

Les permanents d'une école d'ingénieur

On a pu admettre dans le passé de faire fonctionner une école d'ingénieur pratiquement sans enseignants permanents, notamment dans des lieux très riches en cadres de haut niveau susceptibles d'intervenir à temps très partiel. Mais aujourd'hui chacun s'accorde à reconnaître que l'encadrement des élèves, qui ont des attentes différentes par rapport aux étudiants d'université, y serait alors fortement défaillant, et qu'une école de ce type fonctionnerait sur sa lancée, sans une dynamique suffisante pour s'adapter.

Dans les écoles qui recrutent des personnels universitaires, ceux-ci occupent généralement les fonctions de responsabilité des études ; ils sont en outre chargés de la stratégie de formation, et leur statut de chercheur les amène également à diriger les laboratoires de recherche. Dans les écoles privées, le rôle des permanents salariés de l'institution est tout aussi important et se rapproche des fonctions décrites plus haut.

A titre indicatif, une école d'ingénieur type (3ans avec des promotions de 80 à 100 élèves) ne devrait pas, quel que soit son statut, fonctionner avec moins de 15 à 20 permanents, rémunérés à plein temps mais n'exerçant qu'un enseignement limité (de l'ordre de 200 à 300 heures par an) pour consacrer une activité non négligeable aux responsabilités de recherche et de pédagogie, voire de formation continue.

Les modes d'intervention des professionnels dans les écoles publiques

 
L'intervention des professionnels dans la formation des ingénieurs s'impose en théorie, ce qui ne va pas sans quelques questions dans les écoles publiques.
Les possibilités pour un professionnel d'intervenir dans une école d'ingénieur se présentent sous plusieurs formes qui conduisent à des statuts différents (les catégories et appellations retenues sont celles qui ont cours au Ministère chargé des enseignements supérieurs, mais la typologie est sensiblement la même dans les autres établissements, sous des dénominations éventuel-lement différentes) : Les systèmes existants assurent une suffisante diversité de situations, et devraient être conservés ; mais l'assouplissement des règles de recrutement dans les Établissements publics devrait permettre aux directions de mieux utiliser cette diversité au bénéfice de leur établissement.

La Commission suggère en particulier :

De retoucher le statut des PAST. Bien entendu, ce statut dépasse les responsabilités de la CTI, mais elle souligne le grand intérêt qu'il présente pour assurer le lien entre les entreprises et le système de formation des ingénieurs, à condition que le contrat soit négocié entre l'école et l'entreprise, cette dernière étant rémunérée pour mettre à disposition de l'école à mi-temps un de ses cadres de haut niveau, qui par ailleurs conserve une fonction opérationnelle.

D'étendre à l'ensemble des écoles d'ingénieur la possibilité de recruter des contractuels de
haut niveau, dispositions réservées actuellement à un nombre trop restreint d'Établissements.
De favoriser les échanges de cadres et d'enseignants universitaires, y compris avec des entre-

prises ou universités étrangères, en particulier européennes.

Les grands équilibres à respecter

Bien qu'il soit toujours délicat d'avancer des chiffres, la Commission suggère comme un compromis acceptable de confier, au cours d'un cursus d'ingénieur de 3 ans, au minimum 20 à 25% du volume des enseignements à des professionnels issus des entreprises, au maximum un volume équivalent à des enseignants du second degré non liés à la recherche, les enseignements de base restant confiés aux enseignants-chercheurs dont c'est la mission fondamentale.

revu le: 11/10/96.