Les enseignants des écoles d'ingénieur
[Les permanents d'une école d'ingénieur]
[Les modes d'intervention des professionnels]
[Les grands équilibres à respecter]
Afin de répondre à leurs diverses missions, dont les
principales sont la formation initiale, la formation continue et la recherche,
les écoles d'ingénieur doivent disposer d'enseignants permanents
aussi bien que de personnels enseignants vacataires.
Ces personnels enseignants se répartissent traditionnellement
en trois catégories :
-
des enseignants-chercheurs de statut universitaire, dont les missions concernent
essentiellement l'enseignement théorique et pratique des disciplines
de base et parfois de matières technologiques (dans les écoles
relevant du Ministère chargé de l'enseignement supérieur
et -par recrutement direct, détachement ou mise à disposition-
dans certains établissements publics relevant d'autres ministères).
Nous leur assimilerons des enseignants-chercheurs de fonction équivalente
recrutés par les Etablissements privés.
-
des enseignants de statut du second degré, agrégés
notamment, dont l'apport est essentiel pour les enseignements de culture
générale, langues, droit des entreprises, économie,
communication etc. mais aussi pour l'encadrement de certains enseignements
technologiques, activités de bureau d'études par exemple,
-
des enseignants venant des entreprises, agissant en tant que témoins
de la vie de l'entreprise, et en tant que spécialistes de leur technologie.
Les principales questions qui se posent dans la constitution d'un corps
enseignant équilibré sont de deux ordres :
- quels sont les rapports numériques optimaux entre ces différentes
catégories ?
- quelles sont les fonctions qui doivent obligatoirement être
confiées à des permanents ?
Il est clair que la réponse n'est pas simple, et que dans divers
types d'écoles, des réponses diverses peuvent être
apportées. Cependant, l'expérience conduit à admettre
la nécessité d'un corps permanent, ainsi que d'un ensemble
de professionnels étroitement associés à la définition
des programmes de l'école et à leur mise en oeuvre.
Les permanents d'une école d'ingénieur
On a pu admettre dans le passé de faire fonctionner
une école d'ingénieur pratiquement sans enseignants permanents,
notamment dans des lieux très riches en cadres de haut niveau susceptibles
d'intervenir à temps très partiel. Mais aujourd'hui chacun
s'accorde à reconnaître que l'encadrement des élèves,
qui ont des attentes différentes par rapport aux étudiants
d'université, y serait alors fortement défaillant, et qu'une
école de ce type fonctionnerait sur sa lancée, sans une dynamique
suffisante pour s'adapter.
Dans les écoles qui recrutent des personnels universitaires,
ceux-ci occupent généralement les fonctions de responsabilité
des études ; ils sont en outre chargés de la stratégie
de formation, et leur statut de chercheur les amène également
à diriger les laboratoires de recherche. Dans les écoles
privées, le rôle des permanents salariés de l'institution
est tout aussi important et se rapproche des fonctions décrites
plus haut.
A titre indicatif, une école d'ingénieur type (3ans avec
des promotions de 80 à 100 élèves) ne devrait pas,
quel que soit son statut, fonctionner avec moins de 15 à 20 permanents,
rémunérés à plein temps mais n'exerçant
qu'un enseignement limité (de l'ordre de 200 à 300 heures
par an) pour consacrer une activité non négligeable aux responsabilités
de recherche et de pédagogie, voire de formation continue.
Les modes d'intervention des professionnels
dans les écoles publiques
L'intervention des professionnels dans la formation des ingénieurs
s'impose en théorie, ce qui ne va pas sans quelques questions dans
les écoles publiques.
Les possibilités pour un professionnel d'intervenir dans une école
d'ingénieur se présentent sous plusieurs formes qui conduisent
à des statuts différents (les catégories et appellations
retenues sont celles qui ont cours au Ministère chargé des
enseignements supérieurs, mais la typologie est sensiblement la
même dans les autres établissements, sous des dénominations
éventuel-lement différentes) :
-
Les chargés d'enseignement vacataires (décret du 29 octobre
1987), qui interviennent ponctuellement, le plus souvent chargés
d'un cours de spécialité dans les dernières années
d'enseignement ;
-
Les associés à temps plein (PRAS) (décret du 17 juillet
1985) nommés pour trois ans maximum, et justifiant d'une expérience
professionnelle ;
-
Les associés à temps partiel (PAST) qui, justifiant d'une
activité professionnelle principale, auront une demi-charge d'enseignant-chercheur.
Ces professeurs associés sont aussi recrutés pour une période
de trois ans, mais elle est renouvelable ;
-
Les contractuels, relevant de l'article 4 du statut général
de la fonction publique, recrutés pour trois ans sur contrat pour
les besoins du service.
Les systèmes existants assurent une suffisante diversité
de situations, et devraient être conservés ; mais l'assouplissement
des règles de recrutement dans les Établissements publics
devrait permettre aux directions de mieux utiliser cette diversité
au bénéfice de leur établissement.
La Commission suggère en particulier :
De retoucher le statut des PAST. Bien entendu, ce statut dépasse
les responsabilités de la CTI, mais elle souligne le grand intérêt
qu'il présente pour assurer le lien entre les entreprises et le
système de formation des ingénieurs, à condition que
le contrat soit négocié entre l'école et l'entreprise,
cette dernière étant rémunérée pour
mettre à disposition de l'école à mi-temps un de ses
cadres de haut niveau, qui par ailleurs conserve une fonction opérationnelle.
D'étendre à l'ensemble des écoles d'ingénieur
la possibilité de recruter des contractuels de
haut niveau, dispositions réservées actuellement à
un nombre trop restreint d'Établissements.
De favoriser les échanges de cadres et d'enseignants universitaires,
y compris avec des entre-
prises ou universités étrangères, en particulier
européennes.
Les grands équilibres à respecter
Bien qu'il soit toujours délicat d'avancer des chiffres, la Commission
suggère comme un compromis acceptable de confier, au cours d'un
cursus d'ingénieur de 3 ans, au minimum 20 à 25% du volume
des enseignements à des professionnels issus des entreprises, au
maximum un volume équivalent à des enseignants du second
degré non liés à la recherche, les enseignements de
base restant confiés aux enseignants-chercheurs dont c'est la mission
fondamentale.
revu le: 11/10/96.