Examen général des modes
de recrutement [Recommandations]
[sections spéciales et des
écoles de spécialisation] /
[recrutement à Bac + 4
]
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Situation actuelle
Les trois principaux modes de recrutement pour la formation
première des ingénieurs sont :
A ces modes s'ajoutent quelques variantes, peu importantes en
flux, comme par exemple le recrutement principal après une
première année de DEUG (ESPEO, etc.).
Avec comme référence la population des
diplômés de l'année 1992, les compositions
détaillées des trois flux de recrutement décrits
au paragraphe précédent (types L, P et U) sont
indiquées dans le tableau de la page suivante.
On peut constater :
l'importante hétérogénéïté du
flux total de formation,
le rôle important des Classes Préparatoires
traditionnelles, qui restent la référence dans le
recrutement de beaucoup d'écoles, mais dont l'importance
relative a décru lentement pour ne plus représenter
qu'environ la moitié des recrutements.
le rôle limité, sinon faible, des écoles
d'ingénieur dans la poursuite d'études des DUT et des
BTS. En effet, avec comme référence des flux totaux
annuels de 15 000 DUT et 17 000 BTS dans le secteur secondaire, les
poursuites d'études en écoles ne représentent
respectivement que 10.2 % et 3.4 %.
Trois recommandations principales se sont dégagées
du travail de la Commission.
1. Les conditions de recrutement des écoles doivent
être clairement précisées, aussi bien dans
les dossiers de création que dans les dossiers de suivi.
En effet, surtout dans le contexte récent de réduction
des volumes de candidatures, une attention toute particulière
doit être apportée pour éviter que le
caractère flou des conditions d'admission puissent autoriser
la prééminence de critères de type
économique sur les critères qualitatifs normaux.
2. Le développement des banques de notes à l'issue
des Classes Préparatoires, déjà bien
amorcé, doit être poursuivi.
Ces banques doivent être suffisamment accessibles.
La première partie de la proposition témoigne du
souhait de la Commission de voir réduire, pour les
élèves, le temps passé et les coûts
relatifs aux Concours, avec la perspective d'une organisation
temporelle plus équilibrée de l'année de
Mathématiques Spéciales.
La seconde partie est liée à l'accès aux banques
de notes des nouvelles écoles créées ces
dernières années ou des écoles ne participant
pas aujourd'hui à des sélections communes, afin que
leurs procédures de recrutement puissent être
clarifiées et que la qualité de ces recrutements
puissent être mesurée. Cet accès doit être
rendu possible puis encouragé, sinon imposé.
3. La Commission des Titres d'Ingénieur doit être
consultée pour toute réforme modifiant les Classes
Préparatoires Scientifiques (programmes, organisation
générale, modalités de fonctionnement, etc.) ou
les autres Cycles Préparatoires (par exemple les cycles
intégrés de type FESIC, INP, écoles de
chimie...).
Les Classes Préparatoires conduisant essentiellement à
l'entrée dans les écoles d'ingénieur, cette
proposition n'est en fait que l'application normale de la loi de
1934. La Commission regrette particu-lièrement le manque de
concertation avec les écoles,
les branches professionnelles et ses propres membres, qui a
marqué le projet de réforme actuel. Une réelle
concertation aurait pu, en outre, autoriser la collaboration des
lycées et écoles dans certains secteurs
pédagogiques, comme par exemple les travaux pratiques.
On appelle section spéciale, ou année
spéciale, une année complémentaire
d'études organisée dans une école
d'ingénieur pour des ingénieurs déjà
diplômés. Le cursus proposé repose alors sur l'un
des points forts de l'école. Les ingénieurs
concernés obtiennent un second diplôme.
On appelle école de spécialisation une école
ouverte soit à des ingénieurs déjà
diplômés, soit aux titulaires d'une maîtrise ou
d'un diplôme équivalent (niveau Bac + 4), qui propose en
deux ans l'approfondissement d'une technique ou l'acquisition d'une
double compétence. Pour les étudiants
non-ingénieurs, la première année doit comporter
des compléments conséquents de culture
générale de l'ingénieur. Une telle école
peut être constituée par les seconde et troisième
années d'une école classique. Les ingénieurs
déjà diplômés obtiennent un second
diplôme.
A titre de rappel, lorsque la troisième année d'une
école de formation initiale est effectuée dans une
autre école habilitée, les étudiants ne
reçoivent qu'un diplôme d'ingénieur, celui de
leur école d'origine.
L'intégration individuelle de titulaires de diplômes
à Bac + 4 dans des formations d'ingénieur est largement
pratiquée dans de très nombreuses écoles, sous
réserve que le contenu scientifique et technique
apporté précédemment soit assez large, ce qui
peut limiter ce type de recrutement à des formations de second
cycle qui ne soient pas trop spécialisées. Il est
considéré qu'à la formation de base fournie par
le système universitaire, s'ajoute un enseignement
professionnalisé d'autant plus efficace qu'il est
dispensé en immersion dans un cursus complet de formation
d'ingénieur comportant toutes les composantes requises.
Par ailleurs, des filières de spécialisation existent
également pour des ingénieurs diplômés
recherchant une seconde spécialité : elles conduisent
soit à un autre diplôme d'ingénieur, soit
à des titres ou diplômes de 3ème cycle
orientés vers la recherche ou l'exercice d'une profession
déterminée.
Aujourd'hui, des projets de formation d'ingénieurs
prévoient des cursus en deux ans, comportant presque
exclusivement des recrutements au niveau Bac + 4 (maîtrises
ès sciences, maîtrises ès sciences et techniques,
voire diplômes d'IUP). Ces projets s'appuient sur des cursus
existants, ayant
permis depuis de nombreuses années aux jeunes ainsi
formés de remplir certaines fonctions d'ingénieur. Les
porteurs de ces projets les considèrent donc comme des moyens
efficaces et peu onéreux pour amener à une
qualification d'ingénieur des jeunes dont les perspectives
professionnelles peuvent être initiale-ment
réduites.
Néanmoins, de telles "écoles en deux ans", recrutant
à Bac + 4, ne remplissent aucun des rôles
rappelés aux alinéas 1 et 2. Elles conduisent avant
tout à superposer à un diplôme de 2ème
cycle ayant sa logique propre, un autre diplôme de 2ème
cycle censé compléter le premier pour constituer un
cursus composite de 6 années. La Commission des Titres
d'Ingénieur est en outre sensible au problème de
déontologie posé par la mise en série de
formations schématiquement orientées vers le même
objet, et ne voit pas clairement la plus-value apportée au
système de formation par la mise en oeuvre de tels
projets.
En conséquence, la Commission des Titres d'Ingénieur
donne un avis défavorable à l'habilitation de telles
formations.
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revu le: 5/10/96.