L'ouverture internationale

[La maîtrise des langues] [Les échanges d'étudiants]
Retour à la table des matières

L'ouverture mondiale des économies, le développement à l'international des activités des entreprises se traduit par une exigence de plus en plus forte d'une ouverture internationale des ingénieurs, quelles que soient les fonctions ou les responsabilités qu'ils occupent. L'ouverture interna-tionale des ingénieurs correspond à la dimension polyculturelle accrue des métiers de cadre. Celle-ci signifie une compréhension du contexte culturel de travail, des déterminants sociaux et historiques expliquant les pratiques dans tel ou tel environnement.
Cette exigence dans l'emploi des ingénieurs doit se traduire par des évolutions des projets des écoles qui doivent tous intégrer cette dimension dans le cursus qu'elles proposent.
Quatre niveaux d'approche sont considérés par la Commission des Titres d'Ingénieur. Ils doivent être situés dans la perspective d'une action volontariste de reconnaissance sur le plan international du standard français de l'ingénieur.

La maîtrise des langues

Elle est indispensable.
Du fait du nombre élevé d'années durant lesquelles les étudiants ont fait l'apprentissage d'une, voire de deux langues étrangères avant de suivre un cursus d'ingénieur, celles-ci devraient être supposées acquises à l'entrée d'une formation de deuxième cycle.
La Commission des Titres d'Ingénieur retient les règles suivantes :

Les échanges d'étudiants

Compte tenu de la spécificité nationale peu marquée des sciences et des techniques, l'intérêt de l'ouverture internationale des formations d'ingénieur ne réside pas dans les compétences liées au métier d'ingénieur, mais dans l'approche d'une autre culture.
Les expériences conduites par de nombreux établissements vont dans cette direction.

Des innovations sur les modes d'organisation des études (unités capitalisables, semestres/années), sur la validation des périodes réalisées dans des établissements étrangers, sur la constitution de réseaux internationaux seront étudiées avec intérêt.
La Commission des Titres d'Ingénieur encourage vivement les écoles ou formations d'ingénieur à développer et structurer des relations d'échanges d'étudiants.

Afin d'encadrer ce développement, la Commission définit les règles suivantes :

a- Écoles ayant des échanges au niveau exploratoire :

Dans le cas où les écoles ou formations d'ingénieur organisent des échanges pour au plus 5 étudiants ou 5% de leur promotion, avec selon les cas des conventions structurées de jumelage ou des accords d'échanges non structurés, la CTI informée du dossier en confie l'instruction et le suivi au groupe relations internationales.

La CTI est informée du suivi de l'ensemble de ces dossiers une fois l'an.

b- Écoles ayant des échanges développés :

Lorsque les flux concernés sont régulièrement supérieurs à 5 étudiants ou 5% de la promotion, la CTI est saisie du dossier et confie à une mission le soin de valider :
- la pertinence de la demande d'échange,
- la qualité de l'échange,
- la qualité du contrôle pédagogique assuré par l'école ou la formation française sur les formations dispensées dans un établissement étranger.
La recevabilité de la demande sera soumise aux conditions suivantes:
- pour les écoles en trois ans, la moitié du cursus dont au moins la première année doit être faite en France,
- pour les écoles en cinq ans, trois années doivent être faites en France dont au moins la moitié du deuxième cycle,
- dans le cas d'une admission en 2ème année, celle-ci devra se dérouler dans l'école, ainsi que la moitié de la troisième,
- un étudiant étranger souhaitant obtenir le diplôme de l'école française devra se conformer à ces mêmes règles,
- le contrôle pédagogique de la formation réalisée dans un autre établissement est assuré par l'école d'origine (formalisation par voie de convention et désignation d'un enseignant tuteur pour les étudiants concernés).

c- Orientations des relations entre partenaires


Consciente de l'intérêt et de l'enjeu pour les établissements français du développement de relations approfondies avec des partenaires étrangers, la Commission émet les voeux suivants :
- les projets de relations internationales des établissements devraient être globaux : échanges de professeurs, de techniques pédagogiques, partena-riats de recherche ou avec des entreprises, etc.
- les échanges d'étudiants devraient se faire sur la base de la réciprocité : un étudiant français à l'étranger = un étudiant étranger en France, en veillant en particulier à l'accueil de ces derniers.
Habilitations impliquant des établissements étrangers
L'organisation de relations approfondies et de qualité avec des établissements étrangers peut également revêtir des formes conduisant à un double diplôme: ceux des écoles française et étrangère.
Les montages correspondants doivent respec-ter les règles générales correspondant aux échanges d'étudiants, une attention toute particulière étant portée au contrôle pédagogique.
La Commission recommande l'organisation de ces cursus de manière intégrée dans leur durée normale (cinq années dans la majorité des cas).
Habilitation d'établissements étrangers
Dans le cadre d'une meilleure reconnaissance internationale du standard français, la Commission des Titres d'Ingénieur accorde une grande attention aux sollicitations exprimées par d'autres pays pour une évaluation de certains de leurs établissements ou de leur système de formation.
La loi de 1934 ouvre la possibilité d'une reconnaissance officielle d'établissements étrangers délivrant un titre ou un diplôme d'ingénieur :
"article 6- Sur demande des gouvernements intéressés, et après avis de la Commission des Titres d'Ingénieur, des diplômes et titres d'ingénieur étrangers pourront être admis par l'Etat. Ils devront comporter l'indication du pays d'origine."
Plusieurs cas ont donné lieu à une intervention de la Commission des Titres d'Ingénieur.
Retour à la table des matières

revu le: 5/10/96.