Les grands établissements
Les flux

 

 

Italie
Les formations d'ingénieur

 

Les grandes caractéristiques des formations d’ingénieurs

Il existait jusqu'à l'année dernière deux filières de formation d’ingénieur en Italie

les formations longues de profil conceptuel conduisant en un cursus de 5 ans d’études au diplôme de Laurea in Ingegneria et au titre de Dottore in Ingegneria. les formations courtes de profil plus appliqué créées en 1992 dans les Universités et conduisant après un cursus de 3 ans au Diploma Universitario in Ingegneria. Il n’existe pas actuellement de passerelle entre les deux cursus de formation.

La réforme législative de l'année dernière institue une logique d'étude à deux niveaux consécutils, ou un premeir dipôme peut être atteint après trois ans d'études, c'est le Laurea, un second après deux années d'études supplémentaires, c'est le Laurea especilata. On ne perçoit pas très bien - en juin 2001 - quel sera le mode de transition entre ces études et la profession d'inggénieur.

La profession d’ingénieur étant réglementée en Italie, le titre professionnel d’Ingegnere n’est octroyé au titulaire du diplôme correspondant qu’après le passage d’un examen d’Etat et l’inscription à l’Ordre des Ingénieurs. Pour le moment, les titulaires du Diploma Universitario ne sont pas admis à s’inscrire à l’Ordre; il est question de créer pour eux un Ordre particulier.

Les formations de Laurea in Ingegneria se caractérisent par

  • un accès globalement ouvert aux titulaires de la Maturità (équivalent du Baccalauréat) même classique;
  • un cursus d’une durée théorique de 5 ans, représentant environ 3000 heures de cours, réparti entre deux premières années communes dispensant une solide formation théorique et trois années orientées vers l’approfondissement d’une spécialité.
  • une formation qui reste très académique (cours magistraux et travaux de laboratoire) réservant peu de place, voire aucune à l’expérience industrielle (quelques stages ont été introduits à Milan et Turin, mais sans caractère obligatoire). En revanche, le travail personnel est important et si les horaires de cours paraissent peu chargés comparés à des formations françaises, les élèves italiens consacrent beaucoup de temps à la préparation des examens (27 examens pour l’obtention du diplôme).

Globalement, ces formations, en dépit de l’absence de sélection à l’entrée et de périodes en industrie, produisent des diplômés de très bon niveau, sachant que ces derniers ne sont plus qu’un tiers à la fin du parcours.
Les formations de Diploma in Ingegneria, créées en 1992 à la demande de l’industrie, pour remédier à un déficit d’ingénieurs sur le marché italien de l’emploi, et surtout pour couvrir des fonctions de techniciens hautement spécialisés jusqu’alors assumées par des ingénieurs sous-employés, se distinguent par
un accès limité par un principe de numerus clausus
un programme de formation d’environ 2000 heures dispensé dans le cadre de l’Université
l’intégration dans la formation de séjours de quelques semaines en alternance en industrie


Les préoccupations du moment


Parmi les problèmes que rencontrent les formations italiennes d’ingénieurs peuvent être cités :

  • la tendance à l’allongement des études, de plus de 40% par rapport à la durée théorique
  • un taux élevé d’abandon et donc une faible productivité des diplômés (de l’ordre de 35% des entrants) qui a conduit à introduire à l’entrée de certaines universités (Milan) des épreuves probatoires
  • des interrogations sur les formations courtes qui ne répondent pas complètement à l’objectif voulu de formations appliquées : elles restent des formations universitaires avec une composante industrielle faible.

Les deux niveaux de formation :

Institution
Titre délivré
Durée des Etudes
Spécificités
Université Laurea in Ingegneria titre de Dottore in Ingegneria et titre professionnel d’Ingegnere après passage d’un examen d’Etat C Cursus de
5 ans
profil ingénieur de conception et orientation recherche; poursuite possible en doctorat (Dottore di Ricerca) + 3 ans
Université cursus de Diploma Universitario in Ingegneria, sanctionné par le titre de Diplomato in Ingegneria Cursus de
3 ans
orientation plus appliquée, mais stages pratiques limités à quelques semaines

Les formations courtes de Diplôme Universitaire, créées en 1992, ont eu du mal à s’imposer et n’attirent pour le moment que 12% des étudiants en sciences de l’ingénieur (proportion encore en régression lors des récentes inscriptions). Globalement, toutes disciplines confondues, plus de 90% des étudiants inscrits à l’Université le sont dans les formations longues.


,Le système après la réforme


Une réforme de l’enseignement supérieur est en cours, qui prévoit une organisation de l’enseignement supérieur en 3 cycles (+3+5+8) à partir de la Maturità (équivalent du baccalauréat). L’un des moteurs de cette réforme est l’ouverture européenne, conduisant de nombreuses institutions à revoir leurs programmes d’études sur la base du système de crédits européens ECTS. Un autre aspect est la volonté d’améliorer la productivité du système éducatif, entravé par un fort taux d’échec et d’abandon (plus de 60% au cours des deux premières années), ainsi que par la prolongation de la durée des études.
La nouvelle échelle des diplômes est la suivante :

  • "Laurea" après trois ans
  • "Laurea Specialistica" en 2 ans après la Laurea
  • "Dottorato di Ricerca" en au moins 3 ans après la Laurea Specialisticain tègre en outre la possibilité de préparer un
    "Master de premier niveau" d’un an après la Laurea


Cette nouvelle organisation devrait être mise en oeuvre par de nombreuses universités dès la rentrée 2000-2001 et au plus tard à la rentrée 2001.
Outre la réorganisation des cycles, les grands axes de la réforme sont :

  • L’autonomie didactique des universités (définition des objectifs, activités de formation, modalités d’accès)
  • L’introduction de crédits formatifs : chaque cursus sera découpé en "activités formatives", auxquelles seront attribués des "crédits formatifs", correspondant à 25 heures de travail. Les plans d’études devront prévoir l’acquisition de 60 crédits/an (1500 heures), le travail individuel de l’étudiant représentant au moins 50% du volume du travail global.
  • La connaissance obligatoire d’une langue étrangère de l’Union Européenne pour l’obtention de la "Laurea"
  • Des procédures de vérification des compétences : en préalable, les Universités définiront les connaissances requises pour l’accès à une "Laurea" donnée, ainsi que des activités préparatoires ou formatives supplémentaires pour atteindre le niveau exigé.

Reconnaissance professionnelle

L’exercice de la profession d’ingénieur en Italie est réglementé par des Ordres . L’adhésion à l’ordre des ingénieurs italiens nécessite, outre le diplôme de Laurea in Ingegneria, le passage d’un examen d’Etat. L’adhésion à l’Ordre est surtout requise pour l’exercice libéral de la profession, qui concerne environ 20% des ingénieurs en Italie.