Le problème de l'équivalence des diplômes conduisant aux fonctions d'ingénieur


voir aussi E.C.T.S.

Des disparités bien ancrées

Le champ des formations et du statut professionnel des ingénieurs présente un paysage très diversifié selon les pays . Au sein de l'Europe elle-même, le simple problème des correspondances entre diplômes, sans même parler d'équivalences, est loin d'être résolu et l'idée d'une harmonisation des systèmes n'est pas jugée réaliste. La spécificité de chaque système de formation est en effet profondément enracinée dans la culture et la réalité industrielle et économique de chaque pays. Elle se traduit au plan européen par des disparités notables entre

- la nature et la durée des études secondaires donnant accès à l'enseignement supérieur
- le mode de recrutement des élèves
- la durée des formations ( années d'études ou charge annuelle horaire)
- les méthodes pédagogiques (par exemple, la place des stages)
- les modes de délivrance des diplômes
- la reconnaissance académique
- la reconnaissance professionnelle

Souvent deux filières pour deux profils

Une orientation commune à un grand nombre de pays est la coexistence de deux profils d'ingénieurs, un profil d'ingénieur de conception à formation plus généraliste et un profil d'ingénieur de production plus orienté vers l'application (exemple des Fachhochschulen en Allemagne ou des NFI en France). Pour chacun de ces profils, les structures de formation présentent malgré tout au plan international des différences importantes.

Pas d'équivalences automatiques

Une telle diversité permet de comprendre pourquoi le niveau d'admission d'un candidat étranger dans une formation d'ingénieur française n'obéit pas à des règles d'équivalence automatiques, mais résulte de la prise en compte d'un ensemble de facteurs variés (nombre d'années d'études, matières ou options préalablement suivies, projets réalisés....).

Il est d'ailleurs révélateur que le projet d'une Directive Européenne spécifique , traitant de la reconnaissance professionnelle des formations d'ingénieurs, n'ait jamais abouti. La législation européenne en la matière est donc restée jusqu'à présent limitée à une Directive Générale de reconnaissance des diplômes d'enseignement supérieur d'une durée minimale de trois ans, pour l'exercice de professions à accès réglementé .

 

Les validations mutuelles (E.C.T.S.)

 

Faute de normes d'équivalence, l'option prise au niveau européen pour développer la mobilité étudiante et professionnelle est celle du principe de reconnaissance et de validation mutuelle de périodes d'études par des établissements de différents pays. C'est ce principe qui a régi le programme ERASMUS (les périodes d'études accomplies par un étudiant dans un établissement européen partenaire sont validées par l'établissement d'origine).

Ce processus s'est fortement développé :

 

En dehors de ce système très structuré, le principe de reconnaissance mutuelle de périodes d'études entre établissements de pays différents est perçu de plus en plus comme essentiel dans le cadre d'une politique d'ouverture internationale et n'est pas limité aux échanges européens. Il est pratiqué aussi avec des Universités américaines, comme dans le cadre du partenariat entre les Ecoles de l'Institut National Polytechnique de Lorraine et les Universités d'Illinois à Urbana Champaign, de Kansas State et de Madison Wisconsin..Le développement de cette pratique, en parallèle avec un accroissement des échanges d'étudiants, repose largement sur la confiance entre partenaires étrangers. Il révèle une évolution vers une attitude plus souple, qui consiste simplement à reconnaître les différences des systèmes, sans y attacher forcément des jugements de valeur.


 

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