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 Les formations d'ingénieurs

Recenser les établissements formant des ingénieurs pour un secteur professionnel - en l’occurence celui des Travaux Publics - n’est pas une tâche aisée.


D’une part, il n’existe pas de correspondance forte entre les formations d’ingénieurs et les emplois d’un secteur : les écoles d’ingénieurs n’ont en effet pas vocation à former à des métiers (contrairement aux formations courtes de type DUT/BTS), mais ont plutôt pour mission de former des généralistes à un niveau suffisant pour qu’ils soient capables d’anticiper l’évolution des compétences quel que soit le secteur d’activité.

Ainsi, si l’ESTP reste l’école de la profession avec 7% des ingénieurs et cadres du secteur des Travaux Publics issus de cet établissement, l’Ecole nationale supérieure des Arts & Métiers arrive en seconde position en terme de recrutements pour le secteur (4,4%).

Et l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, dont la vocation première était de former les responsables des grands travaux d’équipement, oriente 60 à 70% de ses élèves vers des secteurs autres que le BTP.
D’autre part, les écoles d’ingénieurs spécialisées du secteur affichent généralement un profil polyvalent axé sur les techniques et les métiers des deux secteurs que sont les Travaux Publics et le Bâtiment ; après un tronc commun de formation, c’est souvent par le biais d’options que les élèves sont amenés à découvrir les spécificités de chacun de ces secteurs.

Ce constat étant fait, en limitant le champ aux grands secteurs de compétences déjà cités (génie civil/travaux publics ; structures/ouvrages ; géotechnique/géologie ; hydraulique) et à quelques disciplines connexes (électricité, déchets, eau potable...), nous avons identifié une soixantaine d’établissements pouvant offrir des débouchés dans les entreprises des Travaux Publics.
Si, traditionnellement, les études dans ces établissements se déroulent à temps plein selon un schéma combinant
formation académique sous forme de cours, travaux dirigés et travaux pratiques (en moyenne 2 200 heures sur les trois ans de cycle ingénieur proprement dit) et périodes plus ou moins longues de stages en entreprise (7 mois en moyenne répartis sur deux ou trois périodes), il est possible, depuis le début des années 90, de préparer un diplôme d’ingénieur en travaux publics par alternance, sous contrat d’apprentissage

1.1 Les formations d’ingénieurs traditionnelles


Il n’existe pas de parcours unique pour intégrer les écoles d’ingénieurs “traditionnelles” que nous avons recensées dans cet annuaire.
Une dizaine d’établissements sont accessibles directement après le baccalauréat (les études durent alors cinq ans) et pratiquement tous les établissements recrutent des élèves de classes préparatoires mais également des élèves titulaires d’un Deug, ou encore d’un Dut ou Bts dans le domaine du Génie Civil (les études durent alors trois ans).

Dans la plupart de ces établissements, il est également possible d’être admis directement en deuxième année après une maîtrise.
Les procédures de sélection sont variables selon les établissements :
- concours sur épreuves écrites et orales pour les élèves de classes préparatoires, généralement commun à plusieurs
établissements ;
- le plus souvent, examen du dossier scolaire généralement suivi d’un entretien pour les Deug, Dut ou Bts.
En fonction du domaine de spécialité de ces établissements (affichage d’un secteur professionnel ou d’une discipline), on peut, schématiquement, regrouper l’ensemble de ces formations en cinq grandes familles.


Les écoles spécialisées du secteur Travaux Publics :

Trois établissements ont pour vocation de former des ingénieurs spécialistes du secteur, aptes à occuper l’ensemble des “métiers cibles” : l’ENPC à Marne-la-Vallée, l’ENTPE à Lyon, et l’ESTP à Paris.
Ces trois établissements organisent leur recrutement principal par la voie d’un concours sur le programme des classes préparatoires : concours Mines-Ponts pour l’ENPC ; concours TPE (en banque d’épreuves du concours Mines-Ponts) pour l’ENTPE et concours e3a/e4a pour l’ESTP.

L’ENPC
L’ENPC (Ecole nationale des Ponts et Chaussées), sous tutelle du ministère de l’Equipement, du Logement, des Transports et du Tourisme, forme les ingénieurs du corps des Ponts et Chaussées, qui décident, conçoivent et mènent à bien les grands travaux d’équipement du pays, mais aussi de nombreux élèves civils qui en majorité trouvent des débouchés hors du secteur.L’Ecole des Ponts n’a pas vocation à former des spécialistes étroits, mais au contraire à former des ingénieurs dotés d’un bagage scientifique et technique très solide, capables d’intégrer les dimensions économiques et sociales d’un problème.C’est pour répondre à cet objectif que le cursus a été entièrement rénové à la rentrée 2000.
Les grands axes de cette réforme : semestrialisation, enseignements recalibrés, semaines thématiques, fondamentaux réaffirmés, et choix d’une dominante parmi six proposées dès l’entrée en deuxième année. De fait, seule la dominante Génie civil et construction oriente plus directement les diplômés vers le secteur des Travaux Publics.


L’ENTPE

L’ENTPE de Lyon (Ecole nationale des travaux publics de l’Etat), également sous tutelle du ministère de l’Equipement forme surtout des ingénieurs fonctionnaires de l’équipement, membres des ingénieurs des Travaux Publics de l’Etat, mais aussi des ingénieurs civils.
La formation sur trois ans couvre les domaines du génie civil, des transports, du bâtiment, de l’urbanisme et de l’environnement.
L’Ecole offre également la possibilité de suivre les enseignements de l’Ecole d’architecture de Lyon en parallèle aux trois années de scolarité ingénieur : ce double cursus permet aux élèves de poursuivre des études d’architecture avec une équivalence globale de trois ans.

L’ESTP
L’ESTP - Ecole Spéciale des Travaux Publics, du Bâtiment et de l’Industrie - fondée en 1891 par Léon Eyrolles s’impose comme la grande école de la profession avec 7% des ingénieurs et cadres du secteur issus de cet établissement.
L’ESTP propose quatre spécialités préparant chacune à un domaine particulier - travaux publics, bâtiment, mécanique-électricité et géomètre - avec une ouverture en dernière année par le biais d’options.
Pour répondre aux besoins de la profession de formations spécifiquement orientées vers les travaux de la construction, l’ESTP a créé en 1991 trois nouvelles écoles à Cachan, Caen et Metz aujourd’hui autonomes. Ces formations accueillent les étudiants soit directement après un baccalauréat S ou STI pour une entrée en première année et cinq ans d’études, soit après un Dut, Bts ou le diplôme de conducteur de travaux de l’ESTP pour une entrée directe en troisième année et trois ans d’études.


Les établissements multi-filières, proposant une filière spécialisée en génie civil :

Huit établissements - écoles et instituts - proposent des filières de formation spécialisées en Génie Civil, parallèlement à d’autres filières ne relevant pas de ce domaine (comme le génie mécanique, ou le génie biologique...).
- quatre établissements accessibles au niveau du baccalauréat :
les INSA de Lyon, Rennes, Toulouse (qui recrutent en commun les bacheliers sur dossier) et l’ENI de St-Etienne (qui recrute au niveau du baccalauréat par la voie d’un concours sur épreuves commun à trois autres établissements).
- trois établissements internes aux universités :

le CUST de Clermont-Ferrand, l’EUDIL de Lille et l’ESIP de Poitiers.
Ces établissements affichent un recrutement diversifié avec des promotions composées d’élèves originaires de classes préparatoires ou titulaires d’un Deug, d’un Dut, plus rarement d’un Bts.
Les élèves sont recrutés sur dossier ou concours sur épreuves, plus entretien selon le profil des candidats.
- enfin, l’ENSAIS de Strasbourg
L’ENSAIS recrute principalement par la voie d’un concours sur les programmes MP, PC et PSI des classes préparatoires en commun avec l’ENSAM (concours e3a/e4a).
Le choix de la spécialité Génie Civil est offert dès l’entrée dans l’établissement pour les quatre établissements accessibles au niveau bac + 2, ou en troisième année (première année du cycle ingénieur) pour les quatre écoles accessibles au niveau du baccalauréat.
Les objectifs de ces formations diffèrent selon les établissements : alors que certaines formations approchent tous les aspects du domaine (conception, travaux), d’autres privilégient certains aspects comme le calcul des ouvrages et des installations, et l’activité bureau d’études. L’intitulé exact de la filière est souvent un indicateur de la coloration donnée (ex. génie civil et urbanisme).
Généralement, à l’intérieur de ces filières, plusieurs orientations distinctes sont encore proposées en dernière année d’études sous forme d’option.

Les écoles approchant le “génie civil” par le biais d’une option ou comme composante d’une formation beaucoup plus large
Neuf établissements offrent à leurs étudiants une ouverture sur les disciplines du génie civil :
- soit, par le biais d’options
Huit établissements à vocation généraliste proposent ainsi une option orientée “génie civil” après une ou deux années d’enseignement de tronc commun. Si cette option n’est pas conçue comme une spécialisation, son choix oriente naturellement les diplômés vers des emplois dans le secteur de la construction.
Il s’agit :
- des quatre Ecoles Centrales de Lille, Nantes, Lyon et Paris, et de l’ESIM de Marseille, qui recrutent prioritairement par la voie des classes préparatoires pour trois ans d’études ;
- des écoles des Mines d’Alès et de Douai qui accueillent des Bac + 1 pour quatre ans d’études ;
- enfin, de HEI à Lille, école en cinq ans accessible au niveau du baccalauréat.
- soit, comme composante d’une formation plus large
Tel est le cas de l’EIVP - Ecole d’Ingénieurs de la Ville de Paris - qui propose une formation d’ingénieurs en génie urbain couvrant les aspects de l’urbanisme et de l’aménagement des espaces mais aussi, de la construction, de l’entretien et de la gestion des équipements (voiries, ouvrages d’art).
Les formations de géomètres/topographes
Trois établissements forment dans le cadre d’une filière spécifique des ingénieurs géomètres/topographes habilités à accéder au statut de géomètre-expert inscrit à l’ordre dès lors qu’ils justifient en plus de leur diplôme de trois années de stage professionnel dans des entreprises ou cabinets de géomètres-topographes.
Ces écoles sont : l’ESGT du Mans (institut du CNAM), l’ESTP Paris et l’INSA (ex ENSAIS) de Strasbourg.

Les autres écoles d’ingénieurs
On peut enfin ajouter à cette liste, une petite dizaine d’établissements ou filières intégrant dans leurs enseignements des disciplines fondamentales du Génie Civil (géologie/géotechnique ; constructions métalliques, résistance des matériaux, béton armé ; hydraulique...) ou déclinant certains thèmes intéressant des entreprises spécialisées du secteur comme : les sciences de l’eau abordant en particulier les aspects travaux d’adduction, d’assainissement ; la collecte des déchets ; les travaux électriques.

1.2 Les formations par alternance

Depuis 1990, il est possible de suivre des études d’ingénieurs par la voie de l’alternance.
Trois filières, élaborées en partenariat avec les fédérations professionnelles, conduisent en cinq ou trois ans selon le niveau d’admission, au titre d’ingénieur des techniques du Bâtiment et des Travaux Publics. Ces formations se différencient des formations traditionnelles essentiellement sur trois points :
- une alternance de périodes en entreprises et de formation académique.
- un mode d’enseignement plus concret s’appuyant sur l’expérimentation.
- une forte implication des professionnels dans l’élaboration des cursus.
Elles sont particulièrement adaptées aux profils des DUT et des BTS.
Il s’agit de :
- l’IIT-BTP de Reims et de l’ISA-BTP
de Pau accessibles au niveau du
baccalauréat.
- l’ITC-BTP de Montpellier accessible au niveau bac + 2.

Index des sigles